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Noël de peur et de désespoir!

(TripFoumi Enfo) – Pas de signaux de fête. Pas de geste marquant la période de Noël. Les rues ne sont pas au rythme de l’almanach. La peur et le désespoir s’installent. La fête aux multiples couleurs cède la place à l’horreur. Si partout dans le monde, c’est la paix, la joie et le partage, ici, c’est un moment noir, triste, maquillé de misère. Cette 21e année du 21e siècle constitue une courbe vers la décadence la plus abjecte de ces dernières décennies pour Haïti. Bien sûr, sa fin annonce encore plus de peur et d’incertitude. C’est un Noël qui porte en lui un grand risque d’espérer.

La situation socio-politique et économique du pays défie depuis quelque temps la majorité des traditions et des valeurs de la société haïtienne. Les jours glorieux de notre histoire de peuple et les dates de festivités sont dénués de leur sens et de leur essence. Certains éléments culturels sont en voie de disparition. Grave est notre situation ! Bien que, il était toujours question de fêter Noël à notre manière, puisque pour certains, cette fête serait le caprice de l’occident chrétien. Mais, où sont passées les coutumes de fin d’année ; les réveillons, la gaieté, la propreté, le sapin de Noël, la décoration des places publiques ?

Fuyant d’emprunter le Champ de Mars, considéré comme la plus grande place publique du pays, c’est la déchéance totale. Portrait d’une ville moribonde en temps de Noël. La peur, la misère et la saleté en font le décor. Pas même un simulacre rappelant la Noël. Voilà un sexagénaire qui s’indigne, frappé par la nostalgie du bon vieux temps. « Regardons l’état du Champ de Mars à la veille de Noël. Bon, où est l’État ? Comme si le pays n’avait pas de dirigeants. Se contentent-ils seulement de piller la caisse de l’État ? Crois-moi, cela n’a jamais été comme ça avant », arguant avec amertume le sieur, entouré de ses pairs.

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Évidemment, la situation n’est pas propice à la fête par rapport au grand problème d’insécurité dans le pays. Pas de fête possible si on ne se sent pas en sécurité. Pas de volonté du côté des autorités pour trouver des solutions à ce problème endémique non plus. La population, qui circule à la merci des gangs armés, se livre à elle-même. La République est devenue forcément tribale par le fait que chaque groupe de gangs a son territoire d’opération. Tout se passe sous le regard complice d’un État prédateur. On pourrait bien comprendre que l’État se fiche de la fête de fin d’année, si même les services de base n’ont jamais été fournis.

Triste de le constater, dans certains quartiers, les détonations remplacent les feux d’artifice, les carcasses de véhicules et des piles d’immondices font office de salle d’accueil pour la Noël. Quelle joie, quels cadeaux pour les gamins de ces zones ?

L’État a la ferme volonté de ne pas créer un climat de fête en Haïti. Il ne garantit pas la sécurité pour assurer la libre circulation dans le pays. De plus, l’État haïtien n’a donné aucun moyen à la population pour répondre à ses besoins et pour se faire plaisir. Même les stations de radios et des télévisions ne donnent pas la couleur. On n’entend presque pas de chansons de Noël.

Si le père Noël venait en Haïti cette année, il serait sans doute séquestré par les gangs armés en complicité avec les dirigeants de l’État, pour priver la classe populaire de cadeaux, de joie et de paix. En espérant « désespérément », la population attend avec impatience le jour du changement et de la délivrance.

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