Mali : Chinois et Russes bloquent au Conseil de sécurité une résolution française appuyant les sanctions de la CEDEAO

 
(TripFoumi Enfo) – Le mardi 11 janvier 2021, la Chine et la Russie ont mis leur véto contre une résolution, présentée par la France au Conseil de sécurité des Nations-unies, dont l’objectif était d’appuyer les sanctions de la Communauté Économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) contre le Mali.
 
En effet, cette résolution a été proposée 2 jours après que la CEDEAO a pris la décision d’imposer toute une série de sanctions contre Bamako afin de protester contre la durée de la transition, jugée inacceptable, dans  le nouveau calendrier présenté par la junte. Cette durée s’étend sur environ 5 ans. Et, la France, bien qu’elle soit un partenaire du Mali sur le plan sécuritaire, avec la présence de la force Barkhane dans le Sahel, est en désaccord avec les autorités de transition du pays.
 
La France et ses partenaires voient dans la décision de la junte une volonté de celle-ci de confisquer le pouvoir. « Ce qui se passe au Mali est une véritable fuite en avant de la junte qui, au mépris de ses engagements, souhaite confisquer le pouvoir pendant des années et priver le peuple malien de ses choix démocratiques », avait déclaré Jean-Yves Le Drian, le ministre français des Affaires étrangères,
quelques heures avant le tenue du vote au Conseil de sécurité des Nations-unies.
 
Les États-Unis se sont rangés au côté de la France. Par la voix de sa représentante à l’ONU, Linda Thomas-Greenfield, ils ont tenu a faire savoir qu’ils sont en désaccord avec le calendrier transitoire des autorités de Bamako. « Une transition en cinq ans n’est pas dans l’intérêt du peuple malien », a-t-elle soutenu. Par ailleurs, elle s’est inquiétée de la « présence du groupe Wagner » au Mali qui serait, selon elle, une menace pour les maliens et la MINUSMA, la mission de l’ONU dans le pays.
 
Toutefois, il faut souligner que Bamako a toujours démenti toute information concernant la présence de ce groupe privé de sécurité russe sur son sol.
 
Le Mali, par le biais de son représentant aux Nations-Unies, Issa Konfourou, dénonce ce qu’il qualifie d’une « campagne de désinformation ». « Ceux qui entretiennent cette campagne de fausses informations savent pertinemment que le Mali n’a pris aucun engagement auprès de Wagner et qu’il n’y a aucun mercenaire présent sur le sol malien », a-t-il martelé.
 
De leur côté, la Chine et la Russie, qui ont opposé leur véto à la résolution française, font bloquent et soutiennent la ligne politique qu’elles defendent depuis pas mal de temps sur la scène internationale, la non-ingérence dans les affaires interieures d’un autre État. Ils estiment que le retour à l’ordre constitutionnel doit tenir compte des réalités sur le terrain.
 
« La Fédération de Russie soutient le principe “à problèmes africains, solutions africaines” a déclaré le représentant de la Russie, dont le pays collabore avec les autorités putschistes dans le domaine sécuritaire en envoyant des instructeurs militaires et en lui fournissant en matériel de ce type. « Les Maliens ont le droit d’interagir avec d’autres partenaires qui sont prêts à coopérer avec eux dans le domaine du renforcement de la sécurité », relate le diplomate, comme pour faire allusion au groupe Wagner.
 
De son côté, Dai Bing, le représentant permanent adjoint de Pékin, s’est aligné sur la position russe. Il invite, sans citer la France et les États-Unis, « les forces qui sont hors de la région à se garder d’exercer des pressions sur le Mali ».
 
Après son échec au Conseil de sécurité, la France a décidé d’agir seule en attendant le soutien des européens. Ce jeudi, Air France a suspendu ses vols à destination du Mali afin d’adopter la position de l’Exécutif francais qui a décidé, comme les membres de la CEDEAO, de suspendre ses liaisons aériennes avec le Mali. D’ailleurs, un vol militaire (logistique) français avait provoqué hier mercredi 12 janvier une vive réaction de Bamako. Ce dernier a accusé les français d’avoir violé l’espace aérien malien.
 
Par ailleurs, il faut remarquer que si à l’extérieur, comme le témoigne les sanctions de la CEDEAO, les voix qui s’élèvent contre la junte sont importantes, les soutiens à l’intérieur de la société malienne sont légion. Des voix s’élèvent et se multiplient dans les milieux sociaux et font écho à l’appel des autorités de transition qui invitent la population à descendre dans la rue demain vendredi 14 janvier pour « défendre la patrie ».
 
La CEDEAO et l’UEMOA sont  accusées d’être manipulées. Elles sont traitées « d’instruments néocoloniaux ». En ce sens, la principale plateforme syndicale, l’Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM), a fait savoir que la CEDEAO et l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), deux instigateurs des sanctions, avaient « une fois de plus trahi l’Afrique ». Il faut souligner que
même les enseignants se rallient derrière la junte. Ils ont même stoppé une grève illimitée en soutien aux colonels dans l’optique de contrer les actions extérieures contre le Mali. Son de cloche similaire du côté de l’organe jouant le rôle de parlement de la transition et de la Maison de la presse, association de défense des médias.
 
Seulement un groupe de partis politiques tiennent les autorités, emmenées par le colonel Assimi Goïta, pour responsables des sanctions qui visent le Mali.
 
 

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