12 janvier 2010, point de départ d’une reconstruction avortée

(TripFoumi Enfo) – Douze ans déjà se sont écoulés. Les souvenirs et les séquelles demeurent bien réels dans la chair des victimes qui ont survécu. Ceux qui, ce jour fatidique, ont senti la terre se dérober sous leurs pieds n’oublieront pas de si tôt cette terrible sensation.

Ce séisme dévastateur et meurtrier a détruit Port-au-Prince et ses environs. En dépit des mises en garde de certains géologues, la population civile ne s’inquiétait de rien. Ce qui revient à dire qu’il s’agissait d’une catastrophe naturelle aux dégâts amplifiés par la façon de construire qui est contraire aux normes parasismiques.

Au lendemain de ce cataclysme, de l’aide affluait de toutes parts. C’était l’opportunité de repenser l’aménagement du territoire et préparer ainsi les générations futures à mieux appréhender les risques liés à ce phénomène. À la grande surprise de tous, rien n’a été fait en ce sens.

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Les jours passaient. On chargeait les décombres dans des camions. Des tentes s’élevaient drus dans l’aire métropolitaine. La promesse de reconstruction venait rallumer la lueur d’espoir des sinistrés. Ces derniers ont vite déchanté. À mesure que le temps passait, les autorités ne pensaient qu’à s’enrichir au détriment de ceux qui dormaient à la belle étoile. Désespérés, ces derniers ont embrassé leur destin avec fermeté, construisant ça et là pour échapper aux averses et aux rayons du soleil.

En moins de dix ans, la ville de Port-au-Prince est redevenue ce qu’elle était autrefois. Les taudis pullulent. La bidonvillisation connaît une plus grande accélération. Les autres constructions se font en dehors des normes et souvent sans l’avis d’experts. Qu’adviendra-t-il en cas d’un séisme de grande magnitude ? Les mêmes causes ne produisent-elles pas les mêmes effets dans les mêmes conditions ?

Au moins, il y avait la possibilité flagrante de tirer quelque chose de bon de ce funeste événement. Malheureusement, les autorités ont laissé l’opportunité leur filer entre les doigts.

De ce fait, Haïti a raté sa reconstruction et pourra le regretter pendant longtemps. Les risques de séisme sont tangibles. Il se trouve que les Haïtiens ont la mémoire très courte et ne s’inquiètent même pas. Il y a moins de 6 mois, la République voisine a réalisé une journée de formation avec pour toile de fond une simulation de tremblement de terre. Peut-être, nous avons déjà sympathisé avec « Goudougoudou ».

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