Politique

Éditorial – Qu’adviendra-t-il d’Haïti après le 7 février?

Le 7 février 2022 marquera la fin du mandat présidentiel, de l’avis de Jovenel Moïse, assassiné en sa résidence privée, à Pèlerin 5, dans la nuit du 6 au 7 juillet de l’année dernière. Son entêtement à vouloir prolonger – selon d’autres avis basés sur la loi mère du pays d’un an son mandat avait fait des disciples. Dans notre petite communauté, éloignée de toute idéologie progressiste, ce qui est dommage, les idées et opinions, quoiqu’illégales, génèrent toujours plus d’adhérents.

Cette date s’érige entre nous et le futur tel un mur gargantuesque, ne laissant rien entrevoir derrière. Les « nouveaux propriétaires » seuls semblent en avoir une idée, du moins un soupçon de la vérité qui attend ce peuple innocent, se laissant acculer vers le vide depuis tellement longtemps qu’il en vient à se désister de toute prétention.

Cette date demeure une épineuse interrogation, même pour les plus avisés. Personne ne sait ce qu’il adviendra d’Haïti pendant et après cette fameuse date butoir. Le Premier ministre, en bon père de famille (ironie), ne cesse de tweeter à ce propos, comme pour éduquer le peuple à l’idée que « 7 février » sera un jour comme tous les autres ; vu qu’aucun scrutin n’est encore tenu, lui, il continuera « d’assurer la bonne marche du gouvernement » (encore de l’ironie).

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« Le prochain locataire du Palais national doit être un président élu librement et démocratiquement », voilà ce que le docteur Ariel Henry veut imprimer dans notre esprit. Et il insiste. Il est plein de bon sens ce qu’il prône, car l’idée émane de la Constitution du pays, en plus du fait que les élections sont un langage démocratique.

Et lui? Qu’en est-il de lui?
Lui qui est inconstitutionnel, si l’on considère que le mandat du président défunt avait expiré depuis le 7 février 2021. Ou, lui qui sera inconstitutionnel le 7 février prochain, d’après ceux qui croient qu’il continue le mandat de Jovenel Moïse. Toutefois, ce qui est certain, la journée du 7 février soulignera de plusieurs traits la fin du mandat qui lui donnait un semblant de légitimité.

Le CNT (Conseil National de Transition), une entité qui croit que le Premier ministre devra partir le jour venu, a déjà reçu le dépôt de candidature pour les postes de Président et Premier ministre (provisoires). Car la préoccupation de l’heure, selon le CNT, est d’assurer le bonne gouvernance de ce pays (toujours de l’ironie) après le départ du Docteur Henry.

Les candidats défilent. Justifiée par la crise sans nom qui dicte le quotidien d’Haïti, leur prétention de diriger notre destin est noble. Le peuple n’a que faire de cette noblesse, il veut tout simplement vivre. Vivre telle une communauté d’humains pouvant assurer l’avenir, tracer un chemin sûr pour les enfants, permettre aux jeunes de se développer, déblayer la voie de la véritable liberté pour les adultes. Ces choses là ne résident pas dans les mots.

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