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Éditorial – Quand la transition s’annonce, les candidats se mettent en rang

Plus de 6 mois après l’assassinat du président Jovenel Moïse, les acteurs politiques et ceux de la société civile n’arrivent toujours pas à s’entendre sur la nouvelle tête qui devrait se hisser à la magistrature suprême de l’État. Accord sur accord et désaccords des accords, la crise est presque stagnante. Toutefois, une toute petite ligne bouge. Le Conseil National de Transition (CNT) de l’accord de Montana a ouvert la voie, question de recevoir les dépots de candidature pour le prochain pouvoir bicéphale. Des candidats défilent.

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Plusieurs personnalités se sont fait inscrire au CNT. Deux sont retenues pour la présidentielle et cinq autres pour le poste de Premier ministre. Tranzisyon tèt dwat ! dirait-on. Fritz Alphonse Jean et Edgard Leblanc Fils veulent s’asseoir sur la chaise présidentielle, pas en même temps bien-sûr, alors que Steven I. Benoît, Jean Enold Buteau, Guirlaine Raymond Charité et Iswick Theophin sont les candidats à la Primature. 30 janvier 2022, voilà la date retenue pour le déroulement du scrutin. Des pas… Des pas géants sont franchis à ce stade.

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Haïti vers un retour à l’ordre constitutionnel, à ce qu’il paraît, sur le plan politique. Mais, les acteurs des autres accords présents sur le terrain jouent leurs cartes pour s’accaparer du pouvoir ou s’y maintenir. D’ailleurs, comme un poisson dans l’eau, le Premier ministre Ariel Henry, entre-temps, veut rester à son poste, et ce, au-delà du 7 février 2022. Sur qui compte-t-il pour y arriver? Les autorités américaines. Point barre.

Dans l’intervalle, des candidats sont sur le pied de guerre. Après dépot de leur candidature, à la radio, ils fouinent. La chaise présidentielle et celle de la Primature font baver. Elles, les chaises, sont convoitées. Pousser le dos du neurochirurgien le 7 février prochain pour, après l’acte, prendre les rênes du pays, voilà ce à quoi certains d’entre eux se sont livrés. Et le peuple ? Il attend encore de quoi mettre sous la dent. Il attend, ne serait-ce qu’un pain noir, avant l’arrivée des « sauveurs ».

La transition, c’est l’affaire d’Haïti, semble-t-il, même au temps de la démocratie. En trente ans de démocratie, Haïti marche au pas et danse au rythme des transitions. Pas moins de quatre gouvernements transitoires se sont succédé. Quel gachis ! Quel malheur ! Dans tout cela, ce qu’il faut considérer, c’est qu’avant et après 7 février 2022, la transition se poursuit.

De haut en bas, de la droite vers la gauche, la zone Métropolitaine est embobinée par des gangs armés. Une misère abjecte, la dépréciation de la monnaie locale, la peur, une crise sans précédent, voilà la combinaison funeste qui alimente le quotidien du peuple haïtien. Dans la foulée, des candidats sont à la queue leu-leu, et, les filles et fils d’Haïti attendent impatiemment le plat du bonheur.

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