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Éditorial – 7 février, la montagne est sur le point d’accoucher d’une souris

(TripFoumi Enfo) – Alors que nous sommes tous sur le qui-vive à l’approche du 7 février, redoutant d’éventuels troubles dans le paysage haïtien, les acteurs politiques semblent avoir trouvé des compromissions pouvant raviver leur laxisme.

Le Sénat, tout en admettant que le mandat présidentiel prendra fin le 7 février prochain, reconnaît que le Premier ministre de fait, Ariel Henry, devra, après échéance, liquider les affaires courantes jusqu’à ce qu’il y ait un gouvernement légitime. Mais pour combien de temps? J’aimerais faire un peu de sarcasme, mais mon âme, meurtrie, n’en a point la force.

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Patrice Dumont, une tête bien faite, presque toujours lucide dans ses interventions, avait accordé son plein soutien à l’Accord de Montana. Nonobstant cet acte explicite, il vient de signer la lettre du Sénat qui exprime un profond désaccord concernant les propositions dudit accord. Serait-il en train de retourner sa veste?

Il faut avouer qu’ils sont en train de jouer à un jeu dangereux, au Sénat. À quoi s’attendent-ils, en réalité?

Le SDP, ancien opposant farouche au pouvoir Tèt Kale, désormais membre super influent du gouvernement en place dont le Premier ministre a été désigné par le défunt président Jovenel Moïse, lui-même, ancien chef d’État émanant du PHTK, a rencontré Fritz Jean, récemment élu Président pour diriger une soi-disant transition qui semble plus une illusion qu’autre chose.

Cette semaine, les signataires de l’Accord de Louisiane ont rencontré le Premier ministre Ariel Henry. Ceux-là avaient désigné un représentant, en l’occurrence Fritz A. Jean, pour assurer la gestion du pays après le départ volontaire ou forcé de M. Henry. Cependant, ils – les signataires de l’Accord de Louisiane – ont fait ce qu’on peut appeler un revirement, se désolidarisant ainsi de l’économiste Fritz A. Jean, choisi à l’unanimité quelques jours auparavant, pour, disent-ils, trouver une solution à la crise en Haïti. En début de paragraphe, le nom du Premier ministre est cité ; il faut dire que ce monsieur sait comment édulcorer les convictions. Quoique… Je me demande encore si nos politiciens appréhendent le sens de ce mot « conviction ».

Quasiment tous les acteurs qui disposaient d’une force assez significative pour assurer l’équilibre face à la volonté manifeste du Dr Henry de se maintenir au pouvoir au-delà du 7 février, se sont éteints. Évidemment, ils diront qu’ils travaillent à trouver le meilleur « modus operandi ». Balivernes!!!

Rien n’est certain sur quel visage politique aura Haïti après cette date fatidique, mais ce qui est d’une incontournable certitude, c’est que les gangs armés vont élire domicile pendant un long moment.

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