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La philosophie du « bandit légal » en Haïti: de la verbalisation à la matérialisation

Le « bandit légal » de Sweet Micky n’est pas un groupe de bandits au sens propre du terme. C’est une idéologie véhiculée dans une chanson du chanteur Michel Joseph Martelly, auto-proclamé « Prezidan konpa ». Cette musique est diffusée par les médias haïtiens depuis plus d’une décennie. Certains pensent que celle-ci n’est pas une chanson ordinaire pour celui qui se fait appeler le président du compas. Mais, c’était son rêve de devenir l’un des présidents les plus corrompus de la République d’Haïti.

En effet, la corruption généralisée qui s’installe dans le pays depuis la prise du pouvoir par les « bandits légaux » provoque beaucoup de problèmes tels que la pauvreté, l’exode des cerveaux et l’insécurité galopante qui frappe de jour en jour une grande partie de la population. Une telle situation requiert l’attention de plus d’un, et c’est une insulte à l’intelligence des gens sensés à travers le monde. Actuellement, en Haïti, l’assassinat, le kidnapping, les vols à main armée et les cas de viols ne sont pas considérés comme des maux pour les autorités concernées. Cela paraît plutôt comme des mots dans des livres ou documents. En substance, ces problèmes ne comportent aucun enjeu pour les dirigeants médiocres qui mènent Haïti.

Dans toutes les sociétés, la musique reste un art très praticable, admirable ou appréciable. Pour certains penseurs, la musique est un moyen qu’on peut utiliser en vue d’éduquer des gens et ce, même ceux qui ne sont pas vraiment soucieux d’une culture valable à la progression d’une société. Malgré le fait qu’en Haïti les sponsors ne supportent presque pas les artistes qui prônent le changement radical à travers leurs chansons dans cette société moribonde où l’inégalité est un labyrinthe chronique. Dans la musique de l’ancien chef d’État Michel Joseph Martelly intitulée « bandi legal », il décrit la réalité et le fonctionnement de sa troupe qui constitue des bandits légaux qu’il traîne dernière lui. Au cours de la sortie de la vidéo de cette musique titrée « bandit légal », les gangs armés n’étaient pas encore en vogue. De jour en jour, la progression des gangs armés a pris une place incontournable dans l’actualité politique haïtienne. Avec l’arrivée de ces bandits légaux au pouvoir, le pays commence à devenir un endroit où les voyous opèrent en toute quiétude sur le territoire haïtien.

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En dépit de tout, dans ce pays en voie de disparition, pas mal d’artistes ont toujours fait la promotion de leurs clans de mafia. Mais dans le cas de la musique de l’ancien président Michel Joseph Martelly, cette chanson qui a pour titre « bandi legal », on voit un fantasme qui va devenir une réalité très choquante aux yeux de tout le monde. Dans cette vidéo de musique qui promeut le régime politique des bandits légaux, les noms cités par le président du Compas sont devenus fonctionnaires ou partisans d’un régime politique corrompu et sanguinaire qui sont prêts à tout afin de continuer à conserver leurs intérêts mesquins au détriment de la majorité. Si ces hommes hors la loi de la bande des bandits légaux avaient la possibilité de diriger le pays pendant des années de plus, le peuple haïtien connaîtrait des problèmes qui n’auraient aucune solution. Ils sont tous des médiocres, des bandits légaux et des hommes sans moralité qui pillent, appauvrissant ainsi la population haïtienne dans son ensemble.

La mauvaise gestion du régime anarchiste du PHTK a instauré le banditisme d’État comme mode de gouvernance. Les partisans et sympathisants du régime ont dirigé le pays quasiment en dehors des normes constitutionnelles. Il y a des massacres qui ont été perpétrés par des gangs armés sous la complicité des autorités de l’État. Selon le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), « soit le 13 novembre 2018, à la Saline, un quartier populaire de la capitale, on compte environ soixante-treize personnes assassinées; certaines d’entre elles ont été décapitées et laissées à la merci des porcs puis brûlées. Vingt-quartre (24) personnes ont été tuées et cinq (5) autres criblées par balles, au cours du mois novembre 2019 au Bel-Air. Et deux (2) autres personnes ont été tuées le 19 novembre et le 13 décembre 2019. Il y a deux autres qui ont été criblées de balle, du 4 ou 8 novembre 2019, 28 maisons et 11 véhicules roulants, soit sept (7) voitures et quatre (4) motocyclettes ont été incendiées. Deux (2) autres maisons ont été criblées de balles ». Le Réseau National des Droits Humains appel à poursuivre tous ceux qui sont impliqués dans ces crimes odieux. Les autorités compétentes en cette matière restent bouche bée sous le contrôle du pouvoir politique. Environ sept (7) massacres ont été enregistrés pendant la gouvernance de PHTK sur une période de 10 ans, dans les quartiers de Grand-Ravine, Carrefour-feuilles, La Saline, Tokyo, Bel-Air, et de plus à Delmas 33 où un massacre a coûté la vie à la militante Antoinette Duclair (Netty) et le journaliste Diego Charles de la Radio Vision 2000.

Les quartiers populaires de Port-au-Prince et des zones environnantes sont contrôlées par des gangs armés. L’État comme la personne morale qui détient le monopole de la violence légitime. Celui-ci devrait exercer son autorité dans la mesure du possible, et pourtant, maintenant, aucune action n’est vraiment entreprise contre ceux qui terrorisent la population haïtienne, ils sont presqu’intouchables. Face à cette situation inquiétante, beaucoup de gens, notamment des jeunes, ont laissé le pays pour se réfugier ailleurs. La vie des Haïtiens n’a pas de valeur pour certains de leurs semblables en Haïti, sur ce territoire on vit souvent l’exécution ou la disparition forcée.

Ce régime répressif n’est pas seulement le symbole de la criminalité, mais aussi la dilapidation du trésor public est un point fort dans les dérives de ces bandits légaux. En effet, plusieurs noms des barons du régime du PHTK figurent dans les rapports de la Cours Supérieur des Comptes et du Contencieux Administratif (CSC/CA) relatifs au gaspillage des fonds du programme de Petro-Caribe : de l’aide de L’État vénézuélien à Haïti. Pas mal de plaignants dénoncent une dilapidation d’environ 3.8 milliards de dollars américains du Fonds de Petro-Caribe, gaspillés par des hommes et des femmes de ce régime. Ce n’est pas sorcier pour eux, Laurent Salvador Lamothe cité dans la vidéo de musique de l’ancien président du Compas, en l’occurrence Michel Joseph Martelly, est devenu son premier ministre corrompu. Ces bandits légaux ont envahi l’appareil de l’État haïtien, en matérialisant la philosophie de « bandit légal » au profit de son petit clan constitué par l’impérialisme occidental, et la mafia haïtienne.

Wilnor MEDILIEN est journaliste multimédia et juriste de formation. Il travaille depuis plusieurs années en qualité de journaliste sociopolitique pour des médias en ligne dont Innovation News509, un journal de gauche, dont il était cofondateur et le DG. Ce dernier a été glorifié comme étant l’homme qui possède une plume orpheline, écrivant sur n’importe quel sujet de son choix. Selon lui, sa profession de journaliste est prioritaire par rapport au Droit!

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