Opinion

Mes réflexions sur les récents articles du New York Times sur la Restitution de la Dette de l’Indépendance d’Haiti

À entendre les réactions d’une frange de nos hommes et femmes politiques, des soi-disant intellectuels haïtiens et certains médias traditionnels de la place, il me vient à l’esprit cette pensée de l’éminent philosophe français Jean Paul SARTRE : « Il n’y a pour conscience qu’une façon d’exister, c’est d’avoir conscience qu’elle existe ».

Force est de constater que même après la publication de plusieurs articles dans le prestigieux quotidien américain, le New York times, qui révèle, à partir d’une enquête bien documentée, l’énorme responsabilité de la France et des États-Unis d’Amérique dans l’appauvrissement systématique de notre pays, certains esclaves mentaux de la société civile haïtienne d’aujourd’hui, en dépit de toutes ces évidences, cherchent des faux-fuyants pour tenter honteusement de minimiser le coût des agissements inhumains des anciens colons au détriment de notre jeune nation. D’autres, pour la plupart, loin de prendre conscience de l’extrême urgence de la situation misérable d’Haïti, eu égard à des dommages gigantesques causés par leur comportement antinational, ont choisi, sans le moindre scrupule, de collaborer avec l’étranger en vue de boycotter la célébration du bicentenaire de notre indépendance nationale, acquise si fièrement au prix du sang et de grands sacrifices consentis par les Pères fondateurs de notre patrie.

Ajoute nou sou Telegram pou pa rate okenn scoop: https://t.me/TripFoumi!

Plus rien ne peut justifier le coup d’ÉTAT de 2004 planifié par la France, les États-Unis, le Canada et mis à exécution par des traitres à la nation haïtienne. Ceux-ci ont vendu ce peuple revendicatif, piétiné l’espoir des couches les plus défavorisées où des milliers de compatriotes ont été lâchement assassinés sur place pour leur conviction politique.

Le vieil adage disait : « Il est humain de se tromper mais persister dans l’erreur est diabolique ». Tenter de défendre le coup d’ÉTAT sanglant de 2004 en utilisant toutes sortes de subterfuges, sous de fallacieux prétextes qu’il y a eu aussi de nombreux cas de violations des droits humains, est inacceptable. Essayer de justifier le coup d’ÉTAT de 2004 en ayant recours à de petites manœuvres déloyales comme, par exemple, faire des mises en scène ou des matraquages médiatiques est inconcevable.

Certes, nous avons toutes et tous un devoir de mémoire envers les générations présentes et futures, et du même coup, rendre un hommage patriotique et bien mérité au Dr Jean Bertrand ARISTIDE pour avoir été le seul chef d’ÉTAT haïtien qui avait osé réclamer à la France RÉPARATION ET RESTITUTION. Cette question, à mon humble avis, ne devrait pas être une affaire d’un parti politique, encore moins d’une simple organisation de la Société Civile.
Il revient aux Haïtiennes et Haïtiens conscients, aux progressistes avérés d’Haïti, tant a l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, de conjuguer tous leurs efforts dans un grand élan patriotique pour que notre argent volé par les puissances coloniales et impérialistes puisse être RESTITUÉ, les acculer jusqu’à ce qu’ils RÉPARENT tous les torts que nos ancêtres avaient subis pendant plus de trois siècles d’esclavage – puisque la France reconnaît aujourd’hui que l’esclavage est un crime contre l’humanité – et puis les amener à DÉDOMMAGER les familles de toutes les victimes du coup d’ÉTAT sanglant de 2004.

Un évènement malheureux pourrait bien se transformer en opportunités aussi longtemps que les citoyens sont conscients de leurs erreurs du passé pour enfin réconcilier définitivement la nation avec elle-même. Alors, ne vous laissez pas vous enliser dans une sorte de labyrinthe égocentrique. Le moment historique est enfin arrivé pour vous élever à la hauteur de la Citadelle afin de demander PARDON au peuple haïtien
sur la rançon de l’indépendance imposée à Haïti sous de fortes pressions armées.

James DESROSIN, ancien Député – Première Circonscription, Cap-Haïtien – 47e législature

Mes réflexions sur les récents articles du New York Times sur la Restitution de la Dette de l’Indépendance d’Haiti

James DESROSIN, ancien Député – Première Circonscription, Cap-Haïtien – 47e législature

Adblock Detected

Please consider supporting us by disabling your ad blocker