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Jean Ernest Muscadin, un mal greffé sur d’autres!

(TripFoumi Enfo) – De 2010 à 2022, Haïti descend tellement rapidement dans le précipice qu’on aurait tendance à se tourner vers le divin pour expliquer cela. Les gangs armés deviennent on ne peut plus puissants, les autorités, elles, insouciantes devant cette accablante situation. De plus en plus d’Haïtiens s’enfoncent dans la pauvreté. Certains sont obligés de quitter le pays, d’autres encore restés pour un oui ou pour un non. Durant ces trois dernières années, des bandits armés se la coulent plus que douce. Mais, il y a environ deux semaines, le Commissaire du Gouvernement de Miragoâne, se voulant un remède au banditisme, avait exécuté Elvain Saint-Jacques alias « Zo pwason », pointé du doigt comme soldat du caïd de Village-de-Dieu, Izo. Dénoncé par des organisations de Droits Humains, le CG tout puissant promet d’arrêter Marie Yolène Gilles, responsable de la Fondasyon Je Klere (FJKL), rien que parce que la militante l’a critiqué et exigé des sanctions contre lui.

Les sorties dans la presse de M. Muscadin ont campé un Commissaire du Gouvernement frappé par la mégalomanie sachant peu sur l’arsenal juridique haïtien. Il se dit prêt à tout pour mettre hors d’État de nuire tous ceux et toutes celles indexés comme bandits qui viennent s’installer dans sa juridiction dont il fait désormais un cimetière pour ces derniers. De tels propos ont été tenus après que des voies se sont élevées contre l’exécution sommaire d’un présumé bandit dénommé « Zo Pwason ». Mettant de côté toute forme de rationalité dans sa pensée, M. Muscadin menace d’interpeller madame Marie Yolène Gilles au cas où cette dernière mettrait les pieds dans le département des Nippes, ce qui nous pousse à comprendre que le CG inscrit ses actes dans ce que nous pouvons appeler un banditisme d’État.

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Il n’y a aucun doute là-dessus. La violence des gangs armés constitue l’un des plus grands maux auxquels fait face Haïti au cours de ces dix dernières années. En vue de combattre ce phénomène, certains hommes s’attribuent des attributs messianiques. Le responsable du Parquet de Miragoâne avait demandé un délai de deux jours et quelques matériels pour en finir avec les bandits armés qui assiègent le quartier de Martissant. Pour montrer de quoi il est capable, dans sa juridiction, il s’est doté d’un groupe armé pour chasser les gangs armés. « D’où proviennent les armes de sa troupe et comment il fait pour les payer? », avait questionné Me Samuel Madistin, défenseur des Droits Humains. Ces interrogations sont, jusqu’à présent, sans réponse.

Vit-on dans un État d’exception ? En tout cas, il est évident que le désordre se généralise. Le chaos est stable. Des civils armés tuent, et l’État, révélé complice, reste muet. Selon des informations fiables dont on dispose, des responsables de police et des policiers reçoivent de l’argent des compagnies de transport et autres pour faciliter le passage des véhicules dans des zones en proie à la violence des gangs armés. Le cas du Commissaire Muscadin, qui ne jure que par ses actes, bien que hors la loi, démontre à quel point la solution au problème de l’insecurité n’est pas pour demain. Pour faire court, le CG des Nippes n’est qu’un mal qui vient s’ajouter à d’autres !

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