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Le problème de l’hôpital général a déjà été identifié dans « Koulwa lanmò » de D-fi Ft Tafa

(TripFoumi Célébrité) – Depuis la genèse du Rap kreyol, les revendications, les dénonciations, la lutte contre l’esclavage mental, la discrimination et les aspirations de la masse populaire ont toujours été le centre de préoccupation de cette tendance musicale. Le Rap kreyòl est une forme de résistance, de rébellion, d’aveu, une façon propre de s’assumer et de se positionner sur le plan socio-politique, quoiqu’avec le temps, on y trouve une diversité de sujets abordés par les rappeurs modernes. Victime de la défaillance du système sanitaire haïtien, il y a deux ans de cela, D-fi powèt Revolte avait abordé la situation du plus grand centre hospitalier universitaire d’Haïti .

Le droit à la sant est un droit fondamental et inaliénable de l’être humain mais violé et bafoué en Haïti. D-fi explique dans « Koulwa lanmò » la réalité inimaginable de l’ HUEH. « Mwen tou mache ak gan m, se premye preskripsyon y ap ban m. Pa gen materyèl sa koz moun mouri san dyagnostik. Medsen sèvis pa vin travay, yo pito jere klinik. Lopital inivèsitè lage sou kont rezidan. Pa gen kouran se nan flach telefòn moun ap akouche », tels sont les cris du poète révolté à travers quelques-unes de ses phrases relatées dans la chanson.

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Cette situation de précarité et de merdicité à laquelle fait face l’hôpital général ne date pas d’aujourd’hui. C’est une plaie continue que des dizaines de gouvernements ont vu s’infecter, s’ulcérer jusqu’à cette fatale plaie nécrosante. Malheureusement, c’est le résultat du système sanitaire haïtien et des choix que les dirigeants haïtiens ont faits afin que la descente aux enfers du pays puisse continuer. Heureusement pour les dignes fils du pays, c’est un cancer réversible si l’on prend conscience de l’effet que la plaie peut causer si elle atteint le stade de putréfaction.

Pour remédier à ce cancer qui n’est pas à sa phase maligne mais qui s’y approche à grands pas, il faut d’abord que les dirigeants haïtiens prennent la vie sur terre avec plus de sérieux. Il faut qu’ils comprennent que la vie est un cadeau divin et quand on perd quelqu’un à cause de la négligence ou des fonds dilapidés qui devraient servir à sauver la vie, cela constitue un péché non pardonnable.

Le marché sanitaire haïtien est vierge. Combien de laboratoires anatomopathologiques possède le pays? Combien de centres oncologiques, épidémiologiques, d’urgence, de trauma dispose Haïti ? La réponse à ces questions est évidente. Donner des soins exige des matériels appropriés. L’un des problèmes majeurs de la santé en Haïti, c’est la subjectivité. les médecins ne peuvent pas confirmer leur diagnostique parce que les patients n’ont pas les moyens de payer les examens et l’État ne leur donne aucune assurance médicale.

En 2019, selon les données d’Évaluation des Prestations des Services de Soins de Santé (EPSS-//), il y avait 3354 médecins pour 10 millions d’habitants. Malgré cette carence en médecin, les facultés de médecine et des sciences de la santé du pays continuent de recevoir environ 200 étudiants chaque année. Donc, il est clair que la santé ne constitue pas une priorité dans le pays en dépit de son importance dans la vie des gens.

Haïti était classée en 34e position sur la liste des pays de l’Amérique qui dépensent le moins en santé, selon le rapport quinquennal (2013-2017) de l’Organisation Panaméricaine de la Santé (OPS). Dans le budjet 2017-2018, voté par les deux chambres, la santé en Haïti représentait seulement 4.3%. Dans le budjet rectificatif qui a pris fin le 30 septembre 2021, le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) qui coiffe le secteur de la santé en Haïti a bénéficié seulement de 1,166,984,208 gourdes, soit 2,6% de l’enveloppe globale destinée à l’investissement pour plus de 11 millions d’habitants. Tout le budget d’investissement du MSPP est consommé dans la rubrique «Dépenses d’immobilisations ». Quant au budget de fonctionnement dudit ministère, il est chiffré à 6 210 486 636 milliards de gourdes, soit 4,2% de l’enveloppe globale allouée au fonctionnement correspondant ainsi à 147 860 000 000 gourdes. Avec tout ces délires, comment peut-on s’attendre à de meilleurs résultats? Les miracles ne se manifestent pas de cette manière malheureusement.

Le système de santé en Haïti qui se trouve dans un état abracadabrant doit être révisé et c’est à l’État haïtien qu’il revient de prendre ses responsabilités. L’exemple de l’hôpital général, considéré comme le plus grand centre hospitalier du pays, laisse vraiment à désirer si l’on tient compte de ses déboires et du niveau de traitement reçu par les patients. Il est le reflet de quasiment tous les hôpitaux du pays qui fonctionnent mal. Si D-Fi a eu le courage de dénoncer, à travers sa chanson, le piteux état de l’HUEH, c’est parce qu’il aspire à un changement réel du pays. Le système sanitaire d’un pays doit être au premier plan dans les décisions. Et oui, il faut un changement drastique dans la manière dont la santé est offerte dans le pays.

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