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Éditorial | Organiser des élections libres et honnêtes : balivernes!

Dans son adresse à la nation, le mercredi 20 juillet 2022, pour marquer son premier anniversaire à la « présidence » du pays – il ne faut pas se voiler la face, le type est le Président du pays, avec tout ce qui va avec – le Premier ministre, à l’attitude présidentielle, Ariel Henry a réitéré sa volonté on ne peut plus claire d’organiser les élections, la seule façon noble et constitutionnelle de remplir les vides institutionnels et pour le peuple de choisir ses représentants à l’occasion d’un scrutin. Mais quelles élections ?

À l’instar de celui qui l’avait nommé, en l’occurrence Jovenel Moïse, Ariel Henry ne jure que par les élections, se foutant royalement de la conjoncture du pays. La réalité semble littéralement lui échapper. Et s’il doit lire ces quelques lignes, on va donc se permettre de lui faire un bref topo de la situation dans laquelle vivote la population haïtienne depuis déjà trop longtemps.

Pas un seul jour ne passe sans qu’il y ait des actes de kidnapping relayés dans la presse, et ceux dont on ne peut faire le compte représentent la partie immergée de l’iceberg. Les victimes d’assassinat s’empilent comme des tas d’immondices. Les gangs armés agissent au rythme de leurs caprices. La cherté de la vie devient une simple compétition entre fournisseurs de produits. Les familles ne vivent plus des moments de qualité, acculées par la peur, elles se terrent chez elles, dans le noir, la chaleur et surtout la faim. Et vous, mes chers dirigeants, quand vous ne vous taisez pas, vous parlez d’élections.

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« En Haïti, le bon, le vrai, le beau sont désuets et on serait étiqueté de retardé si on en parlait. »

Toute élection succède à une période de campagne. Monsieur le Premier ministre, comment feront les candidats opposés à votre appartenance politique, le PHTK, pour faire campagne ?
Comment organiserez-vous la société pour aplanir le sentier aux potentiels candidats ?
Demanderez-vous gentiment un cessez-le-feu aux gangs armés ou d’ici là, vous allez résoudre définitivement le problème ?
Ne serait-il pas plus sincère de parler de sécurité que d’élections ?

Des questions auxquelles vous répondrez sûrement, car votre intelligence n’a d’égale que votre insouciance. Vous donnez le sentiment que vous faites un culte d’hypocrisie, aucune cohérence entre vos discours et vos actes. Et le peuple, naïf, pense encore que vous vous souciez de lui…

C’est plus qu’une obligation pour le gouvernement de résoudre le problème de l’insécurité. L’insécurité (à tous les niveaux) à laquelle la population haïtienne est en proie ces derniers temps est horrible et alarmante. Avant de penser aux élections, le gouvernement devrait créer les conditions propices pouvant assurer les habitants qu’ils peuvent vaquer à leurs activités en toute quiétude.

Visiblement, durant ce mois de juillet, il y a un effort qui se fait au niveau de la Douane pour nuire au fonctionnement des importateurs d’armes et de munitions facilitant les gangs armés d’agrandir et de faire fonctionner leur entreprise malsaine et criminelle. Le Premier ministre devrait en effet travailler afin de renforcer et d’encourager le travail qui
se fait actuellement avant d’insulter les citoyens haïtiens en parlant de l’organisation des joutes électorales, car pour arriver à organiser les élections, il faut créer une condition sécuritaire favorable. Ce qui passera indubitablement par une lutte acharnée contre tout ce qui nuit à la qualité de vie des habitants et à la tranquillité publique. Le Chef du Gouvernement doit donner les directives.

D’autant plus, pour résoudre ce fléau qui porte préjudice au quotidien des Haïtiens, il faut agir avec méthode. D’abord, une logique de diagnostic et d’évaluation des problèmes, notamment ceux infligés aux habitants de Cité Soleil, de la Croix-des-Bouquets, de Bel-Air entre autres. La liste est aussi longue qu’un bras. Un plan d’action concerté entre les différents acteurs devrait être également défini pour coordonner l’action. C’est alors que M. Henry, Chef du Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN), pourrait parler de l’organisation des élections. Il faut d’abord rassurer la population.

Pourquoi parlez-vous d’élections, monsieur Henry ?
Est-ce une façon de légitimer vos propos ?
Est-ce une façon de répondre aux attentes de vos maîtres ?

Autres questions._

Qu’y a-t-il entre votre vision des choses et la réalité du pays ?
Est-ce que votre façon de comprendre les choses est un idéal ?

On aimerait vous parler du civisme ou du patriotisme, mais on est convaincu que vous en êtes immunisé.

Organiser les élections ? Balivernes !

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