Le gouvernement salvadorien, contrairement à celui d’Haïti, traite les bandits armés comme tels

Cette semaine, le président du Salvador, Nayib Bukele, a affirmé avec beaucoup de satisfecit que son pays a connu une année sans meurtres. Jusqu’au 10 mai, aucun homicide n’y a été commis, avait tweeté le premier citoyen de ce pays d’Amérique centrale. Ce pays, si l’on remonte à 2016, était considéré comme le plus dangereux du monde en raison de la violence des gangs.
Le président salvadorien, Nayib Bukele, a fait de la lutte contre les gangs l’une de ses priorités depuis son entrée en fonction en 2019. Grâce à ses efforts, le Salvador est maintenant presque exempt de gangs, ce qui contraste avec la situation en Haïti, où les gangs continuent d’imposer leurs lois.
Depuis son entrée en fonction, le président Bukele a mis en place une série de mesures pour lutter contre les gangs, y compris une stratégie de « tolérance zéro », qui prévoit une réponse immédiate et ferme à toute activité criminelle. Cette stratégie a permis de réduire considérablement le nombre de meurtres dans le pays, passant de plus de 50 par jour en 2015 à moins de 4 par jour en 2023.
À ce jour, plus de 60 000 membres de gang ont été stoppés, contribuant ainsi à la réduction de la violence dans le pays. Toutefois, la communauté internationale déplore les moyens de Bukele qu’elle qualifie de violations généralisées et flagrantes des droits humains.
Pendant ce temps, en Haïti, les gangs continuent de semer la terreur dans certaines parties du pays, notamment dans la capitale, Port-au-Prince, et la zone métropolitaine. Les gangs contrôlent des quartiers entiers, imposant leurs propres lois et extorquant de l’argent aux habitants locaux. Les autorités haïtiennes ont tenté de lutter contre les gangs, mais avec des résultats mitigés.
Les raisons de la différence entre le Salvador et Haïti en matière de lutte contre les gangs sont multiples. Tout d’abord, le Salvador a à sa tête un président déterminé à lutter contre les gangs. Il a une forte légitimité et un soutien populaire considérable, ce qui lui permet d’agir de manière décisive contre les gangs.
En revanche, en Haïti, l’instabilité politique et les problèmes économiques ont rendu la lutte contre les gangs plus difficile. Les autorités haïtiennes ont également été confrontées à des critiques pour leur réponse à la crise de la sécurité, en particulier en ce qui concerne leur utilisation de groupes armés pour maintenir l’ordre.
La situation en matière de gangs au Salvador et en Haïti montre que la lutte contre la criminalité organisée est un défi complexe et difficile, qui nécessite une approche globale et coordonnée. La réussite du Salvador montre que cela est possible, mais cela nécessite des efforts constants et un engagement à long terme.
Cette chute spectaculaire du taux d’homicides au Salvador a permis le retour à une sécurité relative dans des zones que la violence ravageait depuis des années. Mais cette politique a aussi supprimé de facto le droit à un procès équitable pour tous ceux accusés d’appartenir à un gang, et beaucoup sont aujourd’hui emprisonnés pour des chefs d’inculpation très généraux, privés partiellement ou totalement de leur droit d’accès à un avocat.