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Crise haïtiano-dominicaine : des erreurs du gouvernement dominicain soulignées par un ancien ministre dominicain

L’ex-ministre des Affaires étrangères et actuel président du Parti Révolutionnaire Dominicain (PRD), Miguel Vargas Maldonado, a énoncé des erreurs que le président dominicain, Luis Abinader, a commises durant ces deux dernières années. Ces propos, relayés par Diario Libre ce lundi 16 octobre 2023, ont été prononcés lors d’un congrès organisé ce week-end, où il a soutenu sa candidature à la présidentielle.

L’ancien ministre dominicain des Affaires étrangères n’a pas caché les dérives auxquelles le gouvernement dirigé par Abinader exposent la République Dominicaine. Pour lui, c’est une décision émotionnelle que le président en fonction avait prise, lorsqu’il a fermé la frontière avec Haïti. Miguel pense que les retombées seront lourdes, et le président doit assumer ses responsabilités.

L’accord du 17 mai 2021, une 1re erreur à souligner

Pour Vargas, la première erreur commise par le gouvernement dominicain remonte à 2021. Le 17 mai 2021, le président Luis Abinader avait signé un traité entre son pays et la République d’Haïti. Ce traité donne le libre accès à Haïti sur la Rivière du Massacre.

Donc, se comporter en bourreau et juge pour interdire l’initiative des Haïtiens, c’est du non-sens. Partant de là, il considère que lorsque Luis Abinader agit, il ne réfléchit pas assez, ou du moins, il ne pense pas pour l’avenir.

La fermeture générale de la frontière haïtiano-dominicaine

« Le recours de Luis est la mesure la plus drastique pour arrêter la construction du canal », a déclaré Maldonado, qui se réfère à la décision prise par le chef d’État dominicain, consistant à fermer la frontière avec la République d’Haïti, le 15 septembre dernier.

Cette décision a été contestée dès le départ par plusieurs hauts fonctionnaires et/ou commerçants en République Dominicaine. Haïti est le deuxième partenaire commercial de la République voisine. C’est pourquoi, depuis ce 15 septembre, les retombées commerciales (économiques) sont cruciales pour cette dernière.

D’ailleurs, le leader du parti Force Populaire (FP), Leonel Fernández, avait souligné qu’Haïti permet à la République Dominicaine de rentrer environ 150 millions de pesos par jour et plus d’un milliard de dollars par an. L’ancien président disait même que le gouvernement dominicain devait agir avec beaucoup plus d’intelligence.

Un image négative à l’échelle mondiale

Aux yeux de certaines gens de la communauté internationale, la position adoptée par ce gouvernement sera mal vue. Parce que, refuser à ce que la population ouanaminthaise continue la construction du canal d’irrigation sur la rivière bilatérale, c’est comme refuser de leur donner de l’eau et de la nourriture.

Ce qui, toujours selon Maldonado, n’est pas favorable pour son pays. Entre autres, il reconnaît que cela va créer une image négative pour le peuple dominicain. Tentant de montrer que son pays largement plus avancé qu’Haïti, en ce sens, il a déclaré celle-ci est le pays le plus pauvre de l’hémisphère.

Le dialogue devrait être de mise

Au lieu de faire pression sur Haïti en fermant la frontière avec elle, afin que les autorités abandonnent l’idée de construire un canal pour drainer l’eau de la Rivière du Massacre, il aurait été bien mieux si le gouvernement dominicain avait choisi d’entamer une série de pourparlers avec les Haïtiens.

Et maintenant, voyant que sa décision n’a engendré que des pertes du côté dominicain, il a rouvert partiellement la frontière, toutefois, du côté haïtien, la barrière reste bien verrouillée.

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