À la une

Belgique : une loi permettant aux prostitués d’avoir un contrat de travail adoptée par le Parlement fédéral

Le Parlement fédéral belge a récemment adopté une loi qui permettra aux prostitués, qu’il s’agisse d’hommes ou de femmes, d’avoir un contrat de travail, ont rapporté des médias belges vendredi 10 mai 2024.

En 2022, la Belgique s’était déjà positionnée du coté des prostitués lorsqu’elle devenait le 1er pays européen et le 2e du monde à dépénaliser la prostitution après la Nouvelle-Zélande. Ce même Parlement fédéral a voté une loi en faveur des prostitués qui souhaitent bénéficier d’un contrat de travail et donc avoir un vrai statut incluant tous les droits du travail. Cet acte montre que Bruxelles va encore plus loin que Berlin et Amsterdam ayant autorisé des formes de salariat.

Dans ces pays, les prostitués vont devoir, soit s’enregistrer auprès de l’administration, soit obtenir un permis spécial pour exercer leur activité. Cependant, en Belgique, les travailleur.ses seront à part entière des salarié.es. Cette résolution a pour objectif de «lutter contre l’exploitation abusive et la criminalité découlant de ce tout nouveau travail». En conséquence, cette loi votée protègera les prostitués.

Par le passé, il leur était également possible d’exercer cette pratique sous un statut d’indépendant, ce qui octroyait des droits sociaux. Désormais, ils ont la possibilité de signer un contrat de travail qui leur garantira une couverture sociale et le respect des règles qui vont avec. Cela implique la durée du temps de travail, les salaires et les règles de sécurité.

De ce fait, les travailleurs et travailleuses du sexe ont les mêmes droits et protections que n’importe quel autre salarié. Par exemple, ils pourront toucher les indemnités de chômage, de prendre un congé maternité ou paternité, de cotiser pour la retraite, d’être couverts par l’Assurance maladie, entre autres.

Quelqu’un qui souhaite passer du statut de proxénète à celui d’employeur, il devra demander un agrément au risque d’être poursuivi pour proxénétisme. Pour ce faire, il y a des recommandations qui ont été faites par la justice. Cela dit, l’employeur (entremetteur) devra présenter un casier judiciaire vierge de tout délit grave.

Par la suite, garantir un environnement de travail sécurisé dans des locaux équipés d’un bouton d’appel d’urgence. Ce bouton sera en partie une sorte de protection pour les prostitués. En cas de problème avec un client, ils pourront à partir dudit bouton appeler les sécurité du travail. Au préalable, les entremetteurs pouvaient délibérément licencier un.e prostitué.e lorsqu’il/elle refusait un partenaire ou des actes sexuels spécifiques. Cela ne pourra plus se produire, car la loi ne considère pas ces faits comme un motif de licenciement.

Elle a été votée par une très large majorité, toutefois, elle divise des associations belges. À titre d’exemple, pour des prostitués, cette loi est parfaite, mais, pour les féministes, c’est totalement le contraire.

Du coté de l’Union belge des travailleurs et travailleuses du sexe, c’est la réjouissance. L’union considère que cette loi consiste à améliorer la capacité d’agir des travailleur.ses du sexe. Elle leur donne effectivement les mêmes droits que pour les autres salariés. Néanmoins, du côté des féministes, elles ont estimé que ladite loi n’aidera pas les femmes à sortir de la prostitution et ne lutte pas suffisamment contre l’exploitation du corps des femmes.

Adblock Detected

Please consider supporting us by disabling your ad blocker