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CPT : les attentes concernant la protection et le respect des droits humains

Les droits humains sont les droits inaliénables que possède chaque individu. Leur but fondamental est de protéger la dignité humaine contre l’arbitraire des États. Ces droits humains sont indivisibles, inviolables et applicables à tous, indépendamment de toute appartenance étatique. Ils doivent être protégés en temps de paix comme en temps de guerre.

Les droits humains sont en fait garantis par un ensemble de textes juridiques internationaux, comme des traités internationaux et régionaux, mais aussi par des textes à effet non-contraignants, établis par les Nations-Unies. Cependant, le texte phare et le plus célèbre est la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH), adoptée le 10 décembre 1948.

Il faut mentionner que ces textes signés et ratifiés par Haïti, rentrent dans le corpus juridique haïtien et du coup applicable à tous. Mais, nous avons fait le choix de ne pas les appliquer. Celles et ceux qui prennent le pouvoir depuis plus de 30 ans ont fait ce choix.

Maintenant, que devrait-on espérer avec ce Conseil à sept membres fraîchement installé ?

En fait, les mêmes causes produisent les mêmes effets dans les mêmes circonstances.
Personnellement, je ne peux rien espérer jusqu’à preuve du contraire. Ce n’est pas parce qu’aucun bénéfice du doute n’est accordé aux différentes personnalités du Conseil présidentiel, mais ce sont les mêmes politiques malsaines dans lesquelles l’intérêt général du pays n’a jamais été pris en considération.

Après plusieurs semaines d’installation, les membres du Conseil ne peuvent même pas s’entendre, faisant de la politique malsaine pour continuer à perdre de temps pendant que l’urgence demeure.

Quel spectacle offert par les Élites haïtiennes (intellectuelle, politique et économique) !

De plus, ce sont les mêmes visages depuis 1986 à nos jours. Aucune passation n’est faite en termes d’intergénération «Apre yo , se yo». Donc, ils ont peur que l’État d’Haïti ne soit reconstitué du point de vue institutionnel pour ne pas être poursuivis pour les dérives commises. Ils ont peur que l’État soit doté d’outils institutionnels nécessaires pour adresser les vrais problèmes quotidiens.

Ces personnages au sein du Conseil viennent d’où et ont été désignés par qui ?

Ces hommes et femmes du Conseil présidentiel de transition ont été désignés par les mêmes secteurs politiques et économiques apatrides. Des partis politiques et autres structures de la société qui, depuis 1986, acculent le pays vers ce chaos que nous subissons tous aujourd’hui où l’État est en fuite. L’État continue à fuir ses responsabilités envers la République.

Cependant, s’ils veulent prendre la voie du progrès et l’établissement de l’État de droit, étant donné que leur mission principale est de rétablir un climat de paix dans le pays et l’organisation des élections.

Ils devraient prendre des mesures urgentes telles que :

  1. S’entourer de technocrates, de patriotes, c’est à dire, d’hommes et de femmes qui connaissent les domaines, l’appareil étatique et savent comment le redresser à tous les niveaux ;
  2. Adopter des mesures pour poursuivre tous les membres du cabinet ministériel démissionnaire, dont Ariel Henry, pour les dérives commises ;
  3. Donner des signaux clairs que la protection des droits Humains sera un des axes essentiels ;
  4. Poser des actions claires et concrètes pour mettre hors d’état de nuire tous les semeurs de troubles et terreurs au sein de la population civile.

Il est important qu’ils le sachent, ils ont 100 jours pour démontrer ce qu’ils peuvent faire à travers des actions visant à améliorer les conditions sécuritaires du pays et la protection des droits humains. Sans quoi, ils doivent plier leurs effets et rentrer chez eux la tête baissée.

Haïti d’abord.

Me. Louimann MACEUS, Av.
Sec. Gl. ECCREDHH/Droits Humains.
Défenseur et Éducateur aux droits humains.
Spécialiste en Droits Humains et en Droit International Humanitaire CUHD/GENÈVE.
Membre Amnesty International.
Spécialiste en Politique Publique des Droits de l’Homme a IPPDH/CIDH/ Mercosur.
Ex-Point Focal OSI-HAÏTI (objectif Sciences international).
[email protected]

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