Verrettes, portrait d’une ville mourante, moribonde et agonisante

Depuis un certain temps, Haiti fait face à une kyrielle de crises successives qui rangent sa population à l’enseigne du désespoir, du marasme économique et surtout de l’insécurité sociale. Verrettes, cette commune dans le département de l’Artibonite qui a vu naitre l’ancien président haïtien Léon Dumarsais Estimé, est une preuve tangible par sa vulnérabilité. La population est humiliée, oubliée et rabaissée par l’Etat central. L’équipe de TripFoumi Enfo (TFE) s’est rendue sur place, et voici le résumé des constats.

Depuis un certain temps, Haiti fait face à une kyrielle de crises successives qui rangent sa population à l’enseigne du désespoir, du marasme économique et surtout de l’insécurité sociale. Verrettes, cette commune dans le département de l’Artibonite qui a vu naitre l’ancien président haïtien Léon Dumarsais Estimé, est une preuve tangible par sa vulnérabilité. La population est humiliée, oubliée et rabaissée par l’Etat central. L’équipe de TripFoumi Enfo (TFE) s’est rendue sur place, et voici le résumé des constats.

buste de

Il est 10 heures du matin, la rédaction de TFE foule déjà le sol des Verrettes. Une nature au rythme vert, une végétation tropicale exubérante et un paysage verdoyant, tels sont les premiers signes distinctifs de cette ville fondée en 1727. Situé au cœur du département de l’Artibonite, Verrettes est une commune à potentialité multiple. Le citron, le riz et le café sont entre autres les principales productions de la cité.

Elle fait la superficie de 356,72 km2 et sa population est évaluée à 131 693 habitants (jusqu’en 2009). Reconnue pour sa grande culture rizicole, elle se loge à l’ouest de la ville de Saint-Marc et se répartit en cinq sections communales. Ses communes voisines sont La Chapelle et Petite Rivière de l’Artibonite.

L’entrée principale du centre-bourg est ponctuée par la présence d’un buste de couleur bronze figurant l’ancien président Estimé, natif de la zone. A son côté droit, la Caisse Populaire Solidarité des Verrettes (CAPOSOV) prend le numéro 1 de la rue Dumarsais Estimé et à son gauche, les vestiges de l’hôtel de ville (mairie) incendiée entre 2014 et 2015 dont on a pu constater un certain avancement dans les travaux de reconstruction. A un jet de pierre, le commissariat répond présent.

Depuis l’incendie, les autorités municipales sont devenues plus nomades que jamais. Comme les grandes institutions de la République, les maires sont siégés dans un bâtiment privé à la rue Alexis, lui-même logeant un bureau de l’Electricité d’Haiti (Ed’H) et de la DINEPA. La Direction Générale des Impôts (DGI) se range à l’angle des rues Pétion et Estimé. On peut dire que cette rue portant le nom de l’illustre Chef d’Etat haïtien et natif des Verrettes concentre à elle seule de nombreuses institutions de la zone.

Si présente pourtant dans la grande épopée haitienne, Verrettes fait malheureusement aujourd’hui figure de parents pauvres en matière d’infrastructures. Le centre-ville est doté d’une seule bibliothèque, le CLAC, malheureusement non équipée pour répondre à sa mission d’émancipation intellectuelle, culturelle et sociale des jeunes de la zone. Pas de lieu de loisir et de détente.

Pas de place publique. Selon les riverains, beaucoup d’argents se sont déjà disparus au nom de la réalisation de cette place publique. Le lycée Jacques S. Alexis, le seul du centre bourg, n’a pas non plus son propre local depuis plus de vingt ans de sa création. Pourtant, cette commune a toujours donné de belles réceptions aux candidats à la présidence.

Verrettes, portrait d’une ville mourante, moribonde et agonisante

Quant à l’électricité, les riverains dénoncent les promesses non tenues du Chef de l’Etat. Car, on est au mois d’Août, alors qu’on n’a jamais vu de la lumière depuis janvier. Le marché public n’est toujours pas entretenu, on se questionne même sur l’existence d’un cartel municipal.

Alors qu’on est en pleine période estivale, les jeunes des Verrettes n’ont d’autre loisir qu’un championnat de vacances organisé par un groupe de jeunes sous le label de « KOLABO Production ». Pourtant, cette jeunesse est assoiffée d’activités culturelle et intellectuelle pour se construire.

Pas de loisirs, problème d’électricité, marché public non entretenu, bibliothèque sans équipement, les jeunes se livrent à eux-mêmes, accroissement du taux de grossesse précoce, diminution régulière du pouvoir d’achat, taux de chômage sans cesse croissant, des rues qui blessent la pudeur, il y a effectivement lieu de dire que Verrettes est une ville agonisante, moribonde et mourante !!!

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