Certaines barricades restent et demeurent malgré la reprise des activités

Après trois mois de paralysie en Haïti, un calme apparent survient. Un calme qui donne l’air d’un fonctionnement complet des activités. Même si certaines villes continuent d’être la scène d’affrontements entre individus armés et policiers. Des cris de joie retentissent du côté du pouvoir comme si toutes les barricades étaient dégagées. Pourtant, certains endroits gardent encore leurs barricades, celles de l’insécurité.

Lorsque les dirigeants pensent tout guérir, ils ont erré. Ils ont juste donné de l’aspirine à un malade nécessitant une opération chirurgicale. L’état sanitaire du patient s’aggrave d’une seconde à l’autre. À trop vouloir se montrer existant, on a maintes fois oublié la vraie raison de son existence. Si l’évidence de l’existence de l’État ne peut être confirmée dans les faits, les actions, à quoi peut-on s’attendre à l’avenir? Un retour au pays lock ?

Quelques sacs de riz distribués dans les quartiers défavorisés ne sauraient répondre aux besoins de la population qui connait sans arrêt des jours noirs. Dans le département du Nord-ouest, le coût de la vie a spectaculairement augmenté. Les prix des produits sont passés à un niveau tellement élevé que certaines zones se questionnent déjà sur celui qui les retirera du gouffre. La promesse de Céant par rapport au riz n’a pas vu le jour. Les conséquences de cette mesure n’allaient pas épargner la production nationale, lorsque l’on considère le mécanisme envisagé. L’importation à outrance du riz allait coffrer davantage le riz national. Ça n’allait qu’alléger une marée pour céder à un tsunami.

Par ailleurs, combattre le banditisme dépasse de loin la capacité de l’État. Dire mieux, L’État n’a du pouvoir que sur ceux appartenant à son équipe, eu égard aux rapports des organismes de droits humains indiquant que les autorités de l’État auraient des relations avec des gangs armés. Récemment, un ancien ministre est victime, à la suite d’une rencontre mal tournée entre les bandits de Grand Ravine selon les informations. Cette barricade n’épargne personne. Celle de l’insécurité. Seul un bourgeois peut se vanter d’habiter loin des bandits. Toutefois, si le bandit n’est pas sien, ses entreprises ne sont pas en sécurité.

Les employés de l’administration publique continuent d’affronter les mêmes barricades d’antan. Ils ne sont pas payés, mais menacés pour avoir exigé de meilleures conditions de travail. Les hôpitaux, sans le minimum pour desservir la population, sont exposés à tout. Pour avoir accès à la vie, il faut se vendre indignement sur le grand boulevard. Si le premier ministre est de bonne humeur, on aura un chèque, dans le cas contraire, seul un enfant de cœur secourira celui qui est dans le pétrin.

La vie recommence, certaines barricades sont dégradées des rues. D’autres restent et demeurent. N’ésperons pas trop.

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