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« M ta fout leta yon kout wòch »

(TripFoumi Enfo) – Il faut s’informer pour savoir quoi faire. Ce matin, comme d’habitude, on a zappé sur différentes stations de radio. Ce faisant, on est tombé sur des voix pleurantes sur l’une d’entre elles. Des proches de kidnappés, ne sachant à quel Saint se vouer, versent des larmes tout en demandant « tan pri » aux kidnappeurs de relâcher les pauvres innocents entre leurs mains. Les bandits sont appelés « Papa », pour que leur sensibilité se réveille. Et que disent les autorités dans tout ça ?

« M ta fout Leta yon kout wòch », ce célèbre vers du poème « Biswit Leta » du Poète Georges Castera Fils abrite la colère et la frustration d’un homme qui réclame la mise en déroute de l’État au service d’un petit groupe au grand dam des masses populaires. C’est un vers qui campe cette institution comme un véritable monstre qu’il faut abattre à tout prix et les faits nous donneraient raison à cet effet.

Dès sa formation, L’État mis en place par les oligarques au lendemain de l’indépendance n’incarne pas les aspirations des masses défavorisées, écartées dans le processus d’établir un État-Nation. Deux (2) cent ans après, Haïti reste encore un pays divisé et pris en otage par des groupuscules. La situation calamiteuse des gens d’en bas s’empire au cours de ces derniers jours.

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Depuis tantôt 3 ans, des cas d’enlèvement sont enregistrés à Port-au-Prince. Des gangs armés se multiplient. Le pays se trouve dans une spirale de violence. Dans la commune de la Croix-des-Bouquets, les groupes armés « 400 Mawozo » et « Chen mechan » font la loi. À Martissant, l’entrée sud de la capitale, la réalité est la même. Des autobus détournés. Des passagers kidnappés. Certains tués, d’autres blessés.

Les zones de Pernier et Torcel deviennent des fiefs des civils armés qui sèment la terreur. À Cité Soleil, au moins 20 personnes ont été tuées, il y a environ 3 jours, au cours d’affrontements entre G9, dirigé par l’ancien policier Jimmy Chérizier alias Barbecue, et GPèp, administré par un certain Ti Gabriel. La zone de Bel-Air, à deux pas du Palais national, se transforme en un champ de bataille également.

Les autorités restent bouche bée. Le Premier ministre Ariel Henry déclare n’être pas au courant de la prise du Palais de Justice de Port-au-Prince par des criminels armés, alors que presque toute la presse en a parlé. Cette attitude du PM traduit le mépris de l’État ou du gouvernement par rapport à la souffrance des plus défavorisés et tous ceux qui sont victimes des actes d’insécurité dans le pays. Combien d’entre vous, ayant assez, brûlent d’envie de « fout leta yon kout wòch » ?

Biswit Leta

Kankou nich gèp lan solèy
Men nou, men rèl.

Kou l aswè, tout kòk lan peyi a
Vole anlè, yo pran beke syèl la.

Kou l jou, lan kafou lakay,
Gen yon chyen jòn k ap tyipe :

Mizè pase sou peyi a
Tankou alimèt paspatou.

Vwazinay di, depi yè, se dwòl,
Timoun yo ap fè jwèt wòch.

Sa ou tande a,
Yon grenn kou, yon grenn rèl,

Gen yon piti tou mèg ki bondi,
Li balanse yon wòch, li di :

Gen de jou m kanpe,
M ta fout leta yon kout wòch.

Rabouch, Antoloji, edisyon Près Nasyonal d Ayiti, me 2012

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