Le brulage des ordures, un danger pour la santé et l’environnement

Port-au-Prince, la capitale haïtienne est sale. Elle ressemble étrangement à un dépotoir où piles d’immondices, carcasses de véhicules, déchets en polystyrène jonchent les principaux carrefours, peut-on observer. Paradoxalement, dans le cœur de la capitale, où est logée l’administration publique côtoyée par les principales autorités du pays, le tableau interpelle. Du quartier de Martissant à  l’Avenue Bolosse, en passant par le Portail Léogâne, la rue de Champ-de-Mars pour aboutir au carrefour de l’Aviation, le constat est alarmant. Continuant le décor principal de la zone métropolitaine, les détritus sont la source de diverses maladies telles que le paludisme et le Choléra, révèlent des spécialistes.

Malheureusement qu’en Haïti, la gestion des déchets est encore loin d’être une priorité pour l’État. Pour s’en débarrasser, la population les brule systématiquement. Une pratique qui porte atteinte à la santé et à l’environnement, déplore des observateurs avisés. Le manque d’éducation environnementale des haïtiens et l’absence de politique publique de gestion des déchets sont mis en cause dans le cadre de cette pratique.

Un danger de santé publique

“La combustion des déchets est nocive”, a fait savoir le spécialiste en santé publique, le docteur Junot Félix. De l’avis du docteur, cette pratique est la cause principale du cancer pulmonaire et de l’infertilité surtout chez les femmes. L’impact sur la qualité de l’air est direct lorsque des déchets sont brûlés à l’air libre, et que des particules nocives sont rejetées dans l’atmosphère.

Médecin résident à L’hôpital de l’université d’Etat d’Haïti, le pneumologue Phénediace Mérilien a affirmé que les diagnostics révèlent que la plupart des malades hospitalisés à sanatorium  souffrent de l’asthme, de la bronchite pulmonaire, de l’allergie respiratoire et du cancer pulmonaire. Ces cas sont en hausse à cause de la mauvaise gestion  de l’environnement, selon la spécialiste.

En Haïti, nous ne savons même pas, quels sont les déchets qui ne doivent pas être brûlés. C’est pourquoi le spécialiste du droit à l’environnement Samson Jean Baptiste suggère aux autorités d’appliquer certaines mesures légales ou administratives pour freiner ce phénomène. Mr Jean Baptiste propose aux autorités de sensibiliser la population sur l’importance de l’environnement.

L’accumulation des ordures ménagères et des résidus solides a toujours fait l’objet de préoccupations de tous les gouvernements d’Haïti sans qu’ils puissent pour autant trouver une solution.

 Hormis, quelques rares activités d’assainissement réalisées dans la capitale, la gestion des déchets à Port-au-Prince reste et demeure un défi pour les autorités. Même si le problème attire l’attention de nombreux haïtiens, les moyens utilisés jusqu’à présent pour combattre l’insalubrité se révèlent inefficaces.

De nombreux pays de la planète qui ont une politique environnementale adoptent des mesures juridiques contre le brûlage de déchets. En France cette pratique est considérée comme un délit.

 Les tas d’ordures recensés dans la zone métropolitaine représentent » entre 6.000 et 8.000 tonnes tous les jours  » selon une source du ministère de l’environnement. Plus d’un croit que la situation d’insalubrité de la capitale haïtienne n’a jamais atteint des proportions aussi alarmantes que ces dernières années.

La pollution de l’eau et de l’air est une triste réalité qui saute aux yeux dans le pays. En attendant que des études scientifiques le prouvent, les spécialistes de la santé reconnaissent que la mauvaise gestion de notre environnement joue un rôle considérable dans la multiplication des cas de cancer et d’autres maladies recensés au sein de la population. Cette situation doit inciter les autorités haïtiennes à trouver les voies et moyens pour garantir à la population un environnement sain.

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