Haïti-Élections: Jovenel Moïse, reussira t-il là où Martelly a échoué ?

Crayon de l’histoire n’a pas de gomme. Élu président de la République d’Haïti de 2011 à 2016, Michel Joseph Martelly n’a pas su organiser les élections malgré les 5 ans accomplis de son mandat. Il voulait aller au delà de son quinquennat. Intimidant tout le monde, il se croyait être un « grenn nan bouda, un bandit legal ». Heureusement que la société civile, l’opposition et la presse tout entière étaient présentes pour contrer son plan macabre. Échoué dans cette mission dite constitutionnelle, on se demande si Jovenel Moïse ne connaîtra pas le même sort.

La fin du mandat présidentiel de Jovenel Moïse s’achemine. C’est la fin d’une histoire douloureuse, pétrifiante et malhonnête à l’égard de ceux et celles qui l’ont voté. Le pays tout entier pour ainsi dire. Car, promis d’ajouter de la nourriture dans les assiettes vides de la population, de mettre de l’argent dans les poches des éternels chômeurs, de l’électricité 24/24 dans les foyers et aussi combattre l’hémorragie de la gourde par rapport au dollar américain, étaient entre autres les promesses de sa campagne électorale. Plus de 3 ans après, au lieu d’améliorer le train de vie des plus démunis du pays, les riches deviennent plus riches et les pauvres s’appauvrissent davantage.

Outre ces promesses non tenues, ce que l’on considère comme l’échec total d’un mandat de 5 ans, est une incapacité flagrante de la part du président Martelly suivant l’article 136 de la Constitution : assurer le bon fonctionnement des institutions de l’État dont le CEP pour le renouvellement du personnel politique.

Pourtant, aucune élection n’a été tenue pour le renouvellement de la 50ème législature, notamment les deux tiers du Sénat. Il n y avait aucune élection non plus pour le renouvellement des collectivités territoriales, particulièrement les municipalités.

Les nombreux scandales qui éclaboussent l’image de sa présidence : corruption, trafic d’influence, traffic de drogue, prolifération d’armes illégales pour armer des bandits et des atteintes graves aux mœurs suite à la publication de son dernier code pénal, lui enlèvent toute légitimité. De légitimité s’il en avait eue bien entendu.

En effet, le Parti Politique Fanmi Lavalas, l’une des plus grandes structures politiques du pays a déjà jeté l’éponge pour toute tentative d’organisation d’élections par l’équipe en place. Le Secteur Démocratique & Populaire et plusieurs autres organisations politiques du pays disent pour leur part que l’équipe en place doit laisser le pouvoir le 7 février 2021, pour ainsi laisser la place à une nouvelle équipe qui doit assurer une Transition politique. Elle aura pour mission de réconcilier la nation à travers la conférence nationale, réformer l’administration publique et poser les bases pour réaliser des élections crédibles.

Par ailleurs, après la démission collective des 8 membres restants du Conseil Électoral Provisoire (CEP) à la fin du mois de juin, Jovenel Moise ainsi que son gouvernement n’ont pas tardé à jouer leur dernière carte : mettre en place un CEP bidon pour organiser des élections frauduleuses. Ses dernières déclarations lors de sa récente tournée dans le nord en témoignent. Mais comme toujours, même le mal il le fait mal. Le représentant du secteur vaudouisant au sein du CEP a déjà été limogé de ses fonctions de Commissaire du Gouvernement dans la juridiction de Gonaïves en mars 2015 pour causes de corruption et irrespect de la loi.

De surcroit, dans un message audio qu’il a envoyé en coulisse sur WhatsApp, devenu viral sur la toile, il déclare être déjà prêt à faire « zewo tounen 10 », une fois qu’il sera nommé au sein du CEP. Qui s’étonnera d’ailleurs? C’est dans sa nature et ses habitudes de travail. Du coup, on se demande si le peuple haïtien aura un jour une élection juste et équitable avec ces corrompus ?

D’autant plus, qui a oublié la déclaration choc de Jovenel selon laquelle son équipe sera « à qui veut l’entendre » la
principale gagnante de toute éventuelle élection organisée dans le pays. Qui s’étonnera ! « Li pa egare ». Il est évident que si l’opposition gagne les rênes du pouvoir public dans les prochaines joutes électorales de la transition, les phtkistes et alliés auront tous des questions à répondre devant la justice pour les torts qu’ils ont causés au peuple haïtien, en particulier, les nombreux massacres et la dilapidation du fonds PetroCaribé.

Une histoire à suivre car comme son patron, il regagnera peut être son champs de bananes au même titre que Micky a regagné ses activités musicales.

Le peuple haïtien reste le souverain des souverains. Quand il aura pris conscience de sa valeur, cette hémorragie politique fait d’un billet de mille gourdes s’arrêtera.

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