L’ECC qualifie de «graves menaces» les propos de Jovenel Moise à l’encontre des juges de la Cour des Comptes

Les attaques lancées par Président Jovenel Moïse au Palais National, dimanche 6 septembre 2020, à l’occasion de la 6eme journée du dialogue communautaire sont dénoncées par divers groupes organisés de la société civile dont L’Ensemble Contre la Corruption (ECC). Dans un communiqué de presse, ECC qualifie ces propos de « graves menaces» à la démocratie et au fondement même de l’Etat de droit en Haïti. Elle invite, en effet, les autorités à se conformer plutôt à la loi.

L’Ensemble Contre la Corruption (ECC), un consortium d’organisations des droits humains et de la société civile estime, dans un communiqué, que les attaques publiques lancées par le président Jovenel Moïse et des membres de son administration à l’encontre des juges de la Cour des Comptes et du Contentieux Administratif (CSC/CA) sont très graves. Selon ECC, ces menaces n’auront pour effet que déstabiliser la Cour qui essaie de jouer sa partition dans le contrôle des dépenses de l’argent des contribuables haïtiens.

« Par ces attaques, les membres du pouvoir exécutif cherchent à exercer leur pouvoir décisionnel sur cette institution indépendante, la placer sous la coupe réglée du pouvoir exécutif et mettre par ainsi en péril le système poids et contrepoids (check and balance), point fort et incontournable de la bonne gouvernance démocratique. Aussi, ces attaques orchestrées à l’encontre de la CSCCA sont d’une arrogance improductive et constituent une insulte à tous ceux et toutes celles qui luttent pour débarrasser Haïti de la corruption », écrit ECC dans le communiqué

«Le gouvernement doit mettre fin à cette machination à l’encontre de la CSC/CA », indique l’ECC qui adjoint les responsables de l’administration publique à se conformer aux prescrits de la loi au lieu de faire des bouc-émissaires.

Par ailleurs, L’Ensemble Contre la Corruption juge que la volonté du Président Jovenel Moïse de modifier le décret de 2005 établissant le fonctionnement de la (CSC/CA) comme une menace pour le fondement de l’État de droit en Haïti. « C’est une grave menace pour la démocratie ! », a poursuivi ECC

Pour rappel, lors du 6e dialogue communautaire organisé, dimanche 6 septembre, au Palais national, le Président de la République Jovenel Moïse a estimé que les procédures de contrôle de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA) représentent un élément de blocage dans l’exécution de projets de son administration. Le Premier Ministre Jouthe Joseph, le Ministre des Travaux Publics, Transport et Communication, Nader Joiséus et le Directeur général de l’EDH, Michel Présumé, ont abondé dans le même sens en accusant la Cour de constituer un obstacle politico-institutionnel.

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