Je ne m’appartiens plus, j’appartiens au pays : Me Dorval, ne méritait t-il pas plutôt des funérailles nationales?

(TripFoumi Enfo) – Les étudiants de partout, en particulier ceux de la Faculté de Droit et des Sciences Économiques (FDSE-UEH) s’apprêtaient à faire leurs derniers adieux au professeur. Une corporation de 47 Barreaux du monde entier etait sur le point aussi de rendre un dernier hommage au bâtonnier de l’ordre des avocats de Port-au-Prince, sans oublier le Barreau qu’il dirigeait qui lui préparait une cérémonie funéraire d’envergure, digne de sa trempe, au nom de la corporation. Mais, contre toute attente, la famille de la victime a tout bonnement décidé d’organiser les obsèques du défunt en stricte intimité. Du coup, tous ceux et toutes celles, d’ici et d’ailleurs, se sentant affectés (es) par l’assassinat du professeurs et qui se préparaient pour lui rendre un dernier hommage, ont tous été déçus et tenus de retourner sur leurs pas.

Haïti vit une triste période où l’insécurité fait force de loi. Des hommes de tout rang, de tout statut en sont déjà sortis victimes. Mais, c’est pour la première fois dans l’histoire haïtienne qu’un bâtonnier se fait assassiner.

En plus d’être bâtonnier, il faisait le serment de servir son pays, de contribuer au changement de la seule patrie qu’il a toujours eue. N’est ce pas assez pour faire de lui une personnalité publique ? Je ne m’appartient plus. J’appartiens au pays, qui ne se souvient pas de ce discours fort d’un patriotisme éclairé, prononcé par le maître juste avant son assassinat ?

Des funerailles à huis clos où seulement quelques dizaines de personnes y ont été autorisées, ne sont pas les obsèques dont méritaient un professeur, intellectuel, constitutionnaliste, scientifique, patriote… de la trempe du bâtonnier. Il en méritait beaucoup plus. Tout comme ce fut le cas de Jean Dominique, les trois chanteurs du groupe Barikad et j’en passe.

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Organiser les obsèques d’une personnalité publique de la sorte, alors que le monde entier voulait lui rendre un dernier hommage, n’est-ce pas contredire le dernier discours prononcé en date par le défunt avant son départ pour l’au delà ? Car, c’est lui-même qui a dit qu’il ne s’appartient plus, mais à sa chère patrie.

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