Violée à 16 ans par le pasteur Amel Lafleur et son diacre, une jeune femme brise le silence

(TripFoumi Enfo) L’affaire de viol dans laquelle les noms du pasteur Amel Lafleur et du diacre Jean Michaël Lissaint avaient été cités revient dans les débats. La victime, courageuse comme pas une, porte encore un bon coup à l’omerta en se confiant au journaliste Marc Guerson Philistin de la Radio Télévision Caraïbes (RTVC).

Dans un reportage audio réalisé par M.G.P et diffusé sur les antennes de la RTVC, la jeune femme retourne sur les faits. » Le lundi 12 juin 2006, alors que j’avais environ 15 ans, j’ai été invitée à participer à une veille de nuit à l’église du pasteur Amel Lafleur, là où ont été baptisés mon père et ma mère, » raconte la victime.

Le révérend, habité par le Saint-Esprit, parlait en langues ce soir-là. « Il a déposé ses mains sur ma tête pour chasser les soi-disant mauvais esprits auxquels j’aurais été en proie. Sa prière une fois terminée, il a demandé à ma mère de me laisser entre ses mains pour achever son œuvre de chasseur de démons », explique la trentenaire.


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Le soi-disant guérisseur a bel et bien eu gain de cause, car la mère de l’adolescente d’alors lui avait obéi en le laissant partir avec sa progéniture. » Il m’a emmenée chez lui à Delmas 75 et m’a mise dans une chambre où il n’y avait qu’un petit sac pour me coucher et une bible », continue-t-elle, disant que le pasteur lui avait donné quelque chose à boire, ce qui l’avait mise dans un état d’égarement aussitôt fait.

À en croire la jeune femme, c’est à ce moment là que Amel Lafleur a commis sa basse et sale besogne en la violant et c’était le soir même de son arrivée chez l’homme qui porte la parole de Dieu. » Après l’acte, il fait appel à deux frères (Chrétiens) en leur intimant l’ordre de me relever à terre et tout en me qualifiant de « tyanpan » (mauvaise chose) », se souvient-elle.

Fini le tour d’Amel Lafleur, commence celui du diacre Jean Michaël Lissaint chez qui la victime a été placée par le Pasteur. « Michaël Jean Lissaint a fait pire que le premier des Bergers. Non seulement, lui, il me viole, il me bat très souvent également. Ça arrive parfois qu’il me frappe contre les murs de ma petite pièce », détaille celle qui dit avoir sollicité à maintes reprises l’aide de la femme de son bourreau, laquelle n’a jamais été à sa rescousse.

La mal traitée, taxée d’être la démone même par la femme de Michaël, a été tombée enceinte de ce dernier. » J’aurais pu avoir un enfant de lui si je n’avais pas été contrainte d’avorter après avoir été forcée de boire des remèdes au bout de 3 mois d’enfermement dans ma petite chambre », relate-t-elle.

Bizarre, ce Jean Michaël Lissaint se passione, à ce qu’il paraît, pour tous plaisirs liés à la débauche sexuelle comme l’orgie. Il est arrivé parfois que le diacre et sa femme pénétraient dans la chambre de la petite fille pour se livrer à des séances de coups de rein, alors que Michaël la touchait en même temps, selon les propos de la martyre.

Apprenant la nouvelle de la grossesse suivie d’avortement de sa victime, le Pasteur Amel Lafleur, responsable de l’Égise de Dieu indépendante de la porte étroite située à Delmas 19, avait décidé de sanctionner le diacre. Beaucoup de fidèles avaient laissé cette assemblée une fois au courant de la vie que mènent les deux hommes de Dieu, selon les témoignages recueillis par Marc Guerson Philistin.

En 2017, l’affaire a été conduite par devant la justice. Les deux autorités ecclésiastiques ont été accusées de détournements de mineure et de séquestration suivis d’agressions sexuelles. Pour toutes ces raisons, après être entendus par le juge Jeudilien Fabien, ils ont été envoyés, selon une ordonnance, au tribunal criminel qui devait siéger sans assistance de jury afin d’y être jugés au regard de la loi.

Si l’ordonnance du juge instructeur avait donné lieu de poursuivre les deux inculpés, car il y avait suffisamment de preuves à cet effet, quatre ans après, ces derniers sont encore dans la nature et continuent d’exercer leur ministère pour la plus belle.

Si on dit souvent que le temps perdu ne se rattrape jamais, cela n’empêche pas que soeur Esther, nom attribué à la jeune femme par l’un de ses présumés agresseurs, Amel Lafleur, ait bouclé ses études classiques pour être aujourd’hui licenciée en Droit, quoiqu’ayant passé 3 ans sans mettre les pieds à l’école. »Je n’ai plus rien à perdre. Je vais continuer à réclamer justice », promet-elle.

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