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Haïti, encore tête en bas en 2022 !

(TripFoumi Enfo) – L’année 2021 est partie, certes, mais a laissé de graves stigmates sur la société haïtienne. La pauvreté, l’insécurité, l’inflation, la migration massive des Haïtiens vers d’autres pays, la crise politique aiguë, entre autres; Haïti aura connu une des années les plus dures durant ses 117 ans d’existence. Et 2022 arrive, mais pas toute seule ! Comment ? Elle est accompagnée, elle aussi, de son petit lot d’évènements de nature à extirper l’avenir.

Premier janvier, premier jour de l’année. Pour les Haïtiens, c’est également une date qui ramène vers un passé glorieux : la proclamation de l’indépendance haïtienne en 1804 par les Généraux de l’armée indigène. En lieu et place de la célébration de cet exploit, un concert de balles s’est tenu aux Gonaïves, où des civils armés ont chassé les membres du gouvernement à coups de fusils. De justesse, le premier ministre Ariel Henry s’en est échappé, car le véhicule à bord duquel il se trouvait a essuyé des projectiles.

À Pétion-Ville, le commisaire divisionnaire et responsable du Sous-commissariat de Thomassin, Dan-Jerry Toussaint, fils du feu Major Dany Toussaint, a été assassiné à Laboule 12 par des individus armés non identifiés, toujours ce premier janvier, au cours d’une opération policière. Toutefois, des questions se posent pour savoir comment un commissaire peut être tué par des bandits dans de telles circonstances, alors qu’aucun autre policier n’a été atteint. Bref…

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Le deux janvier, la guerre entre les bandits réunis au sein de la coalition de « G-9 an Fanmi e alye » et ceux du Bel-Air est reprise. 7 personnes auraient été tuées, plusieurs autres blessées et des maisons incendiées au cours de cette bataille. Jimmy Chérizier alias Barbecue, chef de ladite coalition, n’entend pas lâcher prise dans le cadre de ses assauts. En conséquence, des habitants au niveau de bas Delmas ont quitté la zone pour éviter d’être victimes.

Le 5 janvier, le syndicaliste Paul Loulou Chéry ainsi que sa femme ont été enlevés à Croix-des-Bouquets. Le Gang « 400 mawozo » est pointé du doigt dans ce rapt, alors que, le même jour, le président du Conseil d’Administration de la 11ème Section Communale de Rivière-Froide, Carrefour, Jean Samuel Acéus, est décédé dans la soirée du mercredi 5 janvier après avoir reçu plusieurs coups de machette deux jours plus tôt.

Le 6 janvier, un autre événement s’est produit et a bouleversé le monde médiatique haïtien : deux journalistes ont été assassinés à Laboule par un gang, alors qu’ils étaient partis en reportage. Il s’agit de Wilguens Louissaint et John Wesley Amady travaillent respectivement pour « Tanbou Verite » et la radio Écoute FM, deux médias en ligne. Un autre journaliste, Wilmann Vil, qui les accompagnait a pu s’échapper de justesse.

Les jours se succèdent mais se ressemblent pour les voyous armés. Ils ont détourné un bus entre l’Estère et les Gonaïves avec tous ses passagers, tandis qu’à Port-au-Prince, dans les parages de la Faculté de Médecine, ils ont ôté la vie à l’ex commissaire de police, Jean Colls Rameau, le samedi 8 janvier. Quelques jours auparavant, un conflit terrien avait fait au moins 7 morts à l’Arcahaie.

Sur ces entrefaites, une crise politique se dessine. Le 10 janvier constitue une date fatidique pour le pays. Les dix sénateurs restants affirment que leur mandat prendra fin en 2023 et pourtant le premier ministre Ariel Henry se prépare déjà à les renvoyer, selon certaines informations. Pour faire échec à ce plan, le président du Sénat, Joseph Lambert, demande aux policiers parlementaires de se mettre en position de combat.

Par ailleurs, Haïti risque de connaître une autre rareté de carburant, selon l’Association Nationale des Propriétaires des Stations de Service (ANAPROSS), à cause des déficits qu’ont connus les propriétaires des pompes à essence dans la vente des produits pétroliers. Si cela arrivait, on risquerait d’assister à l’augmentation des prix des produits de première nécessité sur le marché haïtien.

La solution aux problèmes d’Haïti n’est pas pour demain. Si rien n’est fait, la situation risque de s’aggraver. Cette nouvelle année ne présage pas un lendemain meilleur pour la population, déjà meurtrie par la misère et l’insécurité. À quand le développement rêvé par tant d’Haïtiens, amoureux comme eux seuls de leur pays ?

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