société

Le véritable Haïtien, qui est-il ?

Selon Jean Price Mars revisité par Jeff Jean

(TripFoumi Enfo) – De l’avis de certains, l’Haïtien est un être qui se cherche, d’autres, plus radicaux, soutiennent qu’il n’a aucune valeur identitaire. Les voies sont discordantes quant à l’essence de cet Être dont les pères ont redéfini l’histoire. Mais existe-t-il vraiment une identité haïtienne?

L’Haïtien, de par sa nature, sa culture, ses mœurs, ses us et coutumes n’auraient, pour certains, rien qui lui soit propre. Sa vie est comme un avide pastichage dont la contrefaçon est cruellement erronée pour certains. Pour d’autres, l’Haïtien, du point de vue idéologique, en lieu et place de « n’est plus », n’a jamais été ou tout simplement n’existe pas. Il se lance dans une quête éternelle, cherchant à se trouver lui-même.

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D’un autre côté, plus d’un se réfère aux pratiques vodouesques pour essayer vainement de définir l’identité haïtienne.

Toutefois, on reconnaît que les légendes du vaudou et l’héritage africain sont le fondement de la culture noire. Les Haïtiens ont illuminé, de manière magistrale, les efforts pour entrer dans le cercle interdit de l’humanité.

Pour Jean Price Mars, pour penser le monde, pour comprendre les mécanismes de l’aliénation, soit du «bovarysme culturel», il faut mettre en avant les traditions, les légendes populaires, le vaudou et tout l’héritage africain qui fondent les cultures noires.

Et pourtant, assez souvent l’Haïtien cherche une identité en dehors de l’Afrique, ou même de lui-même. Certaines fois, ils se tournent vers l’Occident jusqu’à s’acculturer. À force de vouloir penser comme un étranger, parler comme un Français, vivre comme un Américain, s’habiller comme un Européen, il perd en tout.

Un combat s’impose. Une lutte basée sur le recentrement des valeurs africaines longtemps considérées comme des tares ancestrales et dans la redéfinition de l’homme haïtien et de son passé d’esclave.

Les tenants de la négritude plaident, de leur côté, en faveur d’une identité typiquement nègre, renversant les représentations et pose à sa manière, sans arguments essentialistes, les notions de race, de culture et d’identité. On y voit le prolongement de la mission assignée à la première République noire du monde

Jusqu’à nos jours, toute la fierté haïtienne s’enorgueillit de l’épopée de 1804, où nos pères avaient mis fin à l’esclavage, accédant à l’indépendance et à la liberté.

De nos jours, il ne reste quasiment plus rien à l’Haïtien, sinon un mélange de compromis, d’abandons, de ressentiments, de supercheries, de coups d’État, de dictatures, de frustrations et de résignation.

Certains proposeraient une refondation de l’être haïtien, qui se reconnaît purement haïtien et qui est appelé à se réapproprier son corps, son âme et son imaginaire. Ce dernier serait appelé à revendiquer à la face du monde à la fois son originalité, sa complexité et sa particularité.

On continue tout de même de se demander, qui serait le véritable Haïtien? Mais comment le savoir puisque nous ne sommes même pas nous-mêmes.

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