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Ariel Henry et l’échec des politiciens haïtiens

Le mercredi 7 juillet 2021, la République d’Haïti s’est réveillée avec la nouvelle de l’assassinat du président Jovenel Moïse qui serait exécuté par des étrangers et des Haïtiens selon la DCPJ et le RNDDH. C’etait une grande perte pour toute une nation. Une déception pour le pays sous les yeux des puissances occidentales. Celle-ci allait plonger toute une république dans une situation presque sans secours.

Quelques heures après la confirmation de ce drame qui a secoué la première république noire du monde, la Primature, par l’entremise de Claude Joseph, allait déclarer que « Tout est sous contrôle ». Des spéculations d’ici et d’ailleurs ont fait éclat dans les médias nationaux et internationaux. Tout le pays était dans l’incertitude totale pour voir entre Claude Joseph, Ariel Henry, Joseph Lambert, la classe politique et la société civile qui, parmi eux, aurait l’aubaine de prendre le contrôle du pouvoir politique. Contre toute attente, une note du Core Group allait imposer le 20 juillet 2021, l’installation d’Ariel Henry comme chef de gouvernement en remplacement de Claude Joseph qui pourtant pensait qu’il allait garder le pouvoir politique jusqu’à l’élection d’un nouveau président. Ce qui suscitait de controverses dans la classe politique haïtienne et dans la société civile qui étaient contre cette idée en raison du fait que Claude Joseph Premier ministre ad interim, avait déjà remis sa démission au président Moïse facilitant l’arrivée d’ Ariel Henry à la Primature.

À la suite de l’assassinat du président Jovenel Moïse, les données politiques ont changé. Le pays fonctionne sans Président. En dépit des réunions politiques organisées en Haïti et à l’étranger, elles se sont toutes heurtées à un échec cuisant, faute de sincérité, de sagesse, de triture et de maturité politique. D’où est venu ce fantôme, Ariel Henry ?

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Nommé quarante-huit heures par l’ex-président Jovenel Moïse avant son assassinat sous les pressions et recommandations de Michel Joseph Martelly, selon plus d’un, M. Ariel Henry, qui s’est installé à la Primature, est devenu ce qu’il est aujourd’hui. Un chef suprême dans un pays passé aux oubliettes des puissances occidentales. Un Président-Premier ministre. Un type qui méprise à chaque seconde, son peuple laissé aux abois. Grâce à la cupidité et l’avarice du pouvoir de certaines gens, Ariel Henry et ses pairs, parvenaient à neutraliser la classe politique haïtienne en s’appuyant sur certains hommes du secteur des affaires.

Depuis la signature de l’accord du 11 septembre 2021 entre Ariel Henry, ses amis du PHTK et le SDP (Secteur Démocratique et Populaire), qui lui octroie le plein pouvoir, le pays est devenu plus qu’invivable et inhabité. Les foyers de gangs ont connu un grossissement très significatif. Les cas de kidnapping s’accumulent au jour le jour sans rien dire et faire. Il s’impose désormais comme seul maître et seigneur. Toutes les décisions de l’État reviennent à lui seul et personne ne peut l’empêcher. Dans l’administration publique, il nomme et revoque à son gré. Il a décidé de former un gouvernement avec ses amis du PHTK et du SDP.

Le pays va mal. Le pays est à l’abîme. Plus d’espoir pour les habitants. Et tout ceci sous les yeux d’un Premier ministre-président ignorant et insouciant. Il ignore à chaque fois ses responsabilités. Son nom a été cité à plusieurs reprises dans des rapports relatifs à l’assassinat de l’ex-président Moïse. Mais en étant seul chef, la justice ne peut rien faire que de le constater en train de terrasser un pays classé parmi les plus pauvres de l’hémisphère.

Sous sa gouvernance, plus d’une centaine de personnes ont été tuées à la Plaine du Cul-de-sac par des gangs armés qui s’affrontent pour le contrôle de leurs territoires respectifs. Le PM n’a rien dit. Pourtant, un incident s’était produit à Cuba au même moment, il a rapidement envoyé ses sympathies au peuple cubain. Qu’en est-il de notre peuple? Il a craché dessus.

La route reliant les départements de l’Ouest et du Sud du pays reste bloquée où les bandits de Martissant et de Village-de-Dieu imposent leur loi. Le haut-commandement de la Police Nationale d’Haïti (PNH) n’a pas fait des efforts pour faire échec à ces bandits lourdement armés.

Ariel Henry n’a jamais montré qu’il a de la capacité pour diriger même un jungle. Sous ses ordres, le pays a connu des raretés de carburant sans cesse où il a décidé, sous la demande de ses « boss », d’ajuster à la hausse le prix du carburant. Le coût de la vie marche à pas de cheval. Des informations venant de toutes parts laisseraient croire que le Premier ministre-président aurait entretenu des rapports avec des foyers de gangs qui sèment le deuil dans le pays.

Une classe politique qui s’est suicidée avant et après la mort de Jovenel Moïse.

La classe politique haïtienne a échoué. Les données ont tout dit. Les politiciens haïtiens se sont cassés les dents. Ils n’ont jamais fait preuve de maturité politique pour transcender dans les moments les plus importants pour débloquer le pays. Pendant plus de trois ans, ils s’étaient érigés en barricades pour faire obstruction à Jovenel Moïse dans son projet lors qu’il était président.

Pendant la présidence de Moïse, les leaders politiques n’ont jamais réussi à s’entendre sur un projet commun et réel devant déboucher sur la prise du pouvoir. Des accusations sont venues de part et d’autres. De Moïse Jean-Charles à Youri Latortue en passant par Joseph Lambert pour arriver à Kelly Cledor Bastien et Edmonde Suplice Beauzile, c’était de la pagaille. Ils n’ont jamais voulu réellement un changement radical de la forme structurelle de l’État haïtien. C’était tout simplement « retire pye pa w pou m mete pa m ». Ces politiciens ont réussi à mettre en déroute le quinquennat du président Jovenel Moïse. Mais où sommes-nous aujourd’hui? C’est le pays qui a perdu. C’est le peuple qui souffre de la méchanceté de ces hommes.

À la suite de l’assassinat du président Jovenel Moïse, tout le monde pensait qu’ils allaient (les politiciens) cette fois-ci faire preuve de maturité et de sagesse politique pour débloquer le pays. En raison de leurs égos et un manque de maturité, ces hommes ont laissé tout un boulevard à Ariel Henry guidé à chaque fois par Michel Joseph Martelly et ses pairs. Du Protocole d’Entente National (PEN) à l’accord du Montana pour arriver à celui du 11 septembre 2021, la population haïtienne est à chaque fois invitée à regarder des spectacles gratuits où des gens se contentent de rigoler. Pas une alternative réelle pour redresser la barre dans un pays où l’on compte par moins d’une dizaine de morts par jour surtout dans la région métropolitaine.

Nombreux d’entre eux sont ceux qui réclament une transition où il y aurait un retour à un Exécutif bicéphale. Pourtant, la primature d’Ariel Henry impose ses lois et dit « NON ». Et, ces politiciens qui ont creusé leur propre trou ne peuvent rien faire face aux impositions du camp de l’accord du 11 septembre pour faire bouger les lignes. C’est ainsi qu’on arrive à entendre parler de Jean-Bertrand Aristide, pour diriger le pays pour une période de transition politique en vue de l’organisation des élections.

L’échec de cette misérable classe politique haïtienne était prévisible. Si bien que même un enfant de 10 ans peut en témoigner. Plus de place pour eux. Durant plus de trois décennies, ils se mettent aux côtés d’une frange de la bourgeoisie haïtienne pour enterrer tout un peuple qui pourtant est associé à un bien-être collectif. Ils n’ont jamais voulu réellement des changements pour le peuple haïtien qui arrive à bout de souffle. Ils se contentent tout simplement de s’enrichir dans la misère des Haïtiens en bénéficiant du support de ceux qui détiennent le monopole économique du pays.

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