2019, année de la révolution et l’émergence des femmes haïtiennes

Si 1950 fut l’année dans laquelle le droit de vote, catégorisé parmi les droits civils et politiques, a été garanti à la gent féminine; L’année 2019 est, quant à elle, marquée par une forte implication des femmes, dans la lutte contre la corruption.

Par de grands mouvements de protestation, l’année 2019 a connu, dans presque sa moitié, des soulèvements populaires qui se sont retentis à travers tout le pays. Avec pour requête le « Procès PetroCaribe », l’année a eu des mois où le changement du système a été au centre de tous les débats. Les femmes s’y étaient données à fond et partageaient avec d’autres l’espérance d’une nouvelle Haïti, passant inéluctablement par repenser les pouvoirs publics, dans les rapports qu’ils ont entre eux, et aussi dans ceux qu’ils ont avec la population qu’ils desservent.

2019, année de la révolution et l’émergence des femmes haïtiennes

Cette énorme présence féminine dans les grandes structures décisionnelles du rythme des mouvements, telles que Ayiti Nou Vle A (ANVA) et Nou Pap Konplis, interpelle Marcna Andy Pierre, féministe, qui est aussi l’une des personnalités qui se sont faites remarquer durant l’année 2019, selon le journal Loop Haïti. Pour elle, cette implication est un signe de progrès qui démontre un grand changement au niveau du comportement des femmes en Haïti. « Jadis, elles étaient soumises à l’obligation coutumière de s’occuper des enfants et du mari. De nos jours, elles commencent à s’immiscer dans des places et positions qui leur reviennent de droit ».

Plusieurs personnalités féminines sont des figures de proue dans les mouvements, tant sur les réseaux sociaux que dans les rues de Delmas et de Port-au-Prince. Elles ont gravé leur image dans la mémoire de tous ceux qui s’étaient donnés le plaisir de suivre ces moments importants dans l’histoire de l’émancipation de la femme en Haïti. Pour Makenson Jean-Baptiste, étudiant en géographie et sciences juridiques, Emmanuella Douyon, Pascale Solages et Gaëlle Bien-Aimé se sont impliquées nécessairement dans la lutte. Il les suggère de ne pas lâcher-prise, tout en dynamisant les stratégies.

2019, année de la révolution et l’émergence des femmes haïtiennes

Saluant ainsi l’ impressionnant courage qu’elles ont fait preuve, Exumé Nephtalie qui enlève son chapeau pour admirer la force de caractère de Gessica Géneus, pense que cette intégration n’est autre que la preuve de leurs capacités à saisir le sens de la lutte. « Je souhaite qu’elles continuent sur la même lancée, pendant qu’elles entrerons dans les institutions pour apporter le changement à partir de leur influence ». Henry-Claude Balthazard, psychologue et juriste, s’allie dans la même position que Nephtalie, mais élargie sa vision sur la pente d’une réveille citoyenne. Toutefois, son conseil pour l’année 2020 n’est autre qu’un accent en plus sur une bataille d’intelligence basée sur la capacité d’influencer davantage.

Originaire de Port-de-Paix, l’étudiant en génie civil à l’université G.O.C, Nord Maygray, estime que la corruption ne peut être combattue que par cette voie. Par conséquent, toute faiblesse du mouvement est perçue comme un gain pour le système qui produit corrompus et corrupteurs. Sonel Gëns César, a son tour, a normalisé l’implication féminine par le fait qu’elles sont toutes humaines. « La lutte devrait les interpeller parce qu’elles sont des êtres humains. L’objectif de tout ce soulèvement n’est autre que le bien-être collectif ».

Au terminus, d’après Marcna, la participation des femmes a donné une autre ampleur à la lutte. Ce qui la pousse à déduire que la révolution est une femme. D’ailleurs, elle a même affirmé que Dieu est aussi une femme. « Pas besoin de tout un débat autour de mon affirmation », a-t-elle déclaré avant d’ajouter que « l’implication des femmes est un grand pas vers la mise en forme de la société sous une autre base que celle patriarcale ».

Back to top button
Close
Close

Adblock Detected

Please consider supporting us by disabling your ad blocker