Qui est ce fameux « nous » dont parle Jovenel Moïse?

(TripFoumi Enfo) – Dans le cadre d’une visite dans le Nord-Est du pays ce vendredi 5 février 2021, le président dr la république Jovenel Moïse a déclaré haut et fort : » […] resi gen yon prezidan ki koke nan gòj nou. Nou p ap ka asasinen sa. Nou p ap ka anprizone sa. Nou p ap ka egzile sa. M koke nan gòj nou ». Que devrait-on comprendre dans ce fameux discours ? Est-ce sa façon à lui de proclamer sa toute-puissance au groupe de l’opposition ? Qui est ce fameux « nous » qu’il évoque dans ses propos ? Est-ce sa façon à lui de dire qu’il est le président le plus puissant de toute l’histoire du pays ?

Le président Jovenel Moïse a toujours été caractérisé par une tendance de mégalomanie, mélangée d’un complexe d’apprentis dictateur, amoureux du pouvoir. Il n’a fait que démontrer ces points à travers ses paroles ainsi que ses actes, si on peut établir une différence entre ces deux-là. En effet, dans un extrait de l’un de ses nombreux discours, ce beau parleur avait même déclaré : « M paka kwè gen moun ki gen plis pouvwa ke mwen, se mwen menm ki prezidan peyi a, aprè Bondye nan syèl la, se mwen menm ki gen pouvwa … ». De plus, à travers plusieurs d’autres actes, comme la façon dont il a expulsé les ⅔ du Sénat haïtien ainsi que la chambre des députés en constatant la fin de leur mandat pour pouvoir diriger le pays par décret, c’est-à-dire seul, comme un bon dictateur. Et enfin, la façon dont il utilise la Police Nationale d’Haïti pour stopper toute forme de contestation contre son pouvoir.

Mais, cette fois-ci, le président est allé trop loin dans ces dernières déclarations, il se croît trop puissant. Nous pouvons essayer de le comprendre puisque les Etats-Unis, son ami depuis son accession au pouvoir, vient tout juste de s’allier avec lui publiquement en déclarant que son mandat prendra fin le 07 février 2022 (le nouvelliste, 05 février 2021).. Il se croît donc tout puissant, même pour passer outre l’appui du peuple pour rester au pouvoir après le 07 février 2021. Et ceci, malgré le constat de la dégradation du pays à tous les niveaux, à savoir, économique, politique et sociale, il persiste. « Mr Jovenel Moise ne dirige plus rien dans le pays », c’est ce que crient plusieurs secteurs clés du pays, à savoir le secteur religieux (catholique et protestant), la fédération des barreaux d’Haïti (FBH) et autres : la population vit la merci des bandits et des kidnappeurs. En ce qui a trait à sa popularité, elle (sa popularité) est à son plus faible niveau,à cause surtout de ses nombreuses promesses non tenues depuis le début de son mandat. En depit de tout ça, le locataire du palais national ne cesse de s’accrocher à son poste en cherchant à tout prix de le maintenir jusqu’au 07 février 2022.


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Jovenel Moïse ne respecte plus rien à part son pouvoir. Il attaque maintenant notre histoire en tant que peuple souverain. Dans un revers de main, il cherche à souiller nos nombreuses batailles menées pour pouvoir rester débout jusqu’ici en tant que peuple. Par exemple, la lutte menée en 1946, pour que, nous autres noir, nous puissions avoir accès au pouvoir et ayions occupé des postes clés dans le pays. Ce qu’il a bel et bien bénéficie jusqu’ici entant que noir ; nos luttes contre la dictature Duvaliériste qui lui a permis de prendre le pouvoir par le biais des « élections » ; nos luttes pour la liberté d’expression et la liberté de la presse ; nos luttes contre la corruption et autres.

Il déclare, comme si c’est une fierté pour lui : « li koke nan gòj nou ». Dans cette déclaration, le « nou » ici veut dire peuple. On n’est pas dupe. Donc, on ne peut pas l’atteindre, même s’il est le symbole de la corruption comme nombreux de ses prédécesseurs l’ont été et qu’on a fini par débusquer ; on ne peut pas l’atteindre même s’il est le nouveau dictateur qu’a connu le pays en voulant passer outre la constitution ; on ne peut pas le juger ni l’emprisonner voire même l’exiler pour les nombreux torts qu’il a causés au pays pendant son quinquennat. On savait que la justice du pays se détériorait de jour en jour, mais M. Jovenel Moise vient de la tuer avec ces paroles, on ne peut pas l’emprisonner : « [… ] nou p ap ka anprizone prezidan sa, nou p ap ka egzile prezidan sa … »

Encore une fois, le fameux « nous » de Jovenel Moise, c’est nous le peuple haïtien : c’est nous haïtien, haïtienne, c’est nous étudiant, étudiante, c’est nous ouvrier, ouvrière, c’est nous les marchands et marchandes, c’est nous les infortunés du pays, c’est nous les gens des ghettos, c’est nous les gens de la basse classe, c’est nous le peuple. Comme l’histoire l’a toujours prouvé, nous (le peuple) nous sommes le pouvoir et nous resterons toujours le pouvoir.

Mondy LOUIS, étudiant en histoire et étudiant à la Faculté des sciences humaines.
[email protected]

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